Comment écrire un poème en vers libre ? Déjà, il faut comprendre ce qu’est le vers libre.

Le vers libre est un vers qui n’a pas un nombre fixe de syllabes, ni même une rythmique fixe et dont le rythme ne respecte pas un schéma habituel ou tout simplement dans lequel il n’y a pas de rime, par contre il peut y avoir des rimes intérieures ; c’est-à-dire des rimes au sein même du vers. Le vers libre date d’Arthur Rimbaud et des surréalistes ; des auteurs comme Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Jacques Prévert ou encore Léo Ferré l’utilisera par la suite. Aujourd’hui encore beaucoup de poètes l’utilisent, parmi ceux-ci on peut citer Houellebecq dans sa dernière requête de poème « Configuration du dernier rivage », Rodney Saint-Eloi dans son recueil « Nous ne trahirons pas le poème », mais aussi ton humble serviteur Max Antoine Brun.

Comment écrire un poème en vers libre ? Idée reçue

L’idée reçue veuille que le poème libre soit plus facile à écrire, voire même choix de la facilité. Mais, il n’en est rien, même s’il n’est vrai qu’un poème respectant des règles précises comme un sonnet ou une ballade, un triolet ou un rondeau est plus contraignant. Si je devais faire une comparaison, je dirais que le poème en forme fixe c’est comme une danse au pas précis une valse ou un tango. Tandis que le vers libre serait plus comme une danse aux pas plus libre, comme le zouk par exemple. Il ne te viendrait pas à l’esprit de hiérarchiser des styles de danses différents, ben c’est la même chose avec le poème libre et le poème en vers fixe.

Le poète qui choisit le vers libre dans sa forme intérieur sait qu’il sera targué d’être facile voire fainéant, mais, lui (en poète) c’est qu’il n’en est rien : car la forme libre impose de trouver sa propre musicalité et rendre son poème beau sans instruction au préalable, comme si on lui demandait de danser avec la plus jolie fille de la soirée et qu’on te balançait une musique sans y être préparé.

Comment écrire un poème en vers libre ? Mes tips

Selon moi, la beauté du vers libre réside dans le fait de faire coïncider l’absence de rime et l’existence d’une certaine musicalité dans le vers. L’utilisation de la rime intérieure est intéressante à cette fin. Mais, pas uniquement. Il est aisé de produire un effet musical ou du moins sonore en jouant avec le son des mots. Il faut donc se concentrer sur la phonétique du vers, c’est-à-dire le son des mots. Pour cela il est intéressant d’utiliser les figures de style qui joue sur la phonétique des mots, par exemple :

  • L’allitération : répétition de plusieurs mots avec une sonorité consonantique ;
  • L’assonance : répétition d’une voyelle sur plusieurs mots d’une même phrase ;
  • Écho : répétition d’une rime sur le vers suivant qui est formé d’un seul mot.

Exemple d’allitération : une de mes créations 😉

Je sais, je ne suis même sûr qu’une fille aussi sexy que toi s’en fout d’un sans honte comme moi.

C’est un exemple, je ne te conseille pas de mettre cela dans ton poème. Mais, ça reste un très bel exemple d’allitération.

Exemple d’assonance : Guillaume Apollinaire, la chanson du mal aimé

« Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte »

Exemple d’écho : écrit par votre humble serviteur

Je ne te l’ai jamais dit, mais j’adore être avec toi
Toi que je regarde souvent, mais tu ne le sais pas
Pas que je sois un voyeur, mais disons qu’une belle œuvre est faite pour être admiré
T’admirer, ça je le fais bien et j’aime à le faire.

Faux de mon recueil Vagabondage identitaire

Bandes lumineuses, dans l’interminable décoloration du temps.
Bandes musicales, derrière la continuelle naissance des saisons.
Bandes de douceurs, sous l’imprévisible connerie des génies passés.
Bandes de goûts, devant l’affaiblissement des femmes et l’enlaidissement des hommes.
Bandes de vrais délices, indissociables du blanchiment de l’amour – Trésor enchaîné –, quelle tristesse vous accompagnera, quand vous saurez l’horreur pour Le délivrer.

On notera les figures de style pour accentuer le côté phonétique du poème :
–  Anaphore (répétition du mot bande en début de vers ;
–  Assonance (continuelle ; naissance ; saison dans le second vers par exemple) ;
–  Allitération (délice, indissociable, blanchiment, tristesse).

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Max Brun