Vous trouverez sur cette page la méthodologie que j’utilise pour rédiger un poème. J’espère qu’elle vous aidera à rédiger le poème parfait pour votre copine, votre fiancé, votre femme, votre copain, ou pour vous-même par simple plaisir d’écrire des poèmes.

Comment écrire un poème : étapes pour écrire un poème

8 étapes pour écrire un poème

comment écrire un poème : étape 1

Étape 1 pour rédiger un poème : l’inspiration

L’inspiration est le point de départ de d’une œuvre. Si vous n’avez pas d’idée pour le lancement d’une histoire, ne vous attendez pas à écrire un roman, une nouvelle voire même un poème. Pour écrire, il faut à un moment avoir été inspiré par quelque chose, quelqu’un, ça peut même venir comme une illumination. L’inspiration est le premier pas vers l’œuvre. Deux cas de figures peuvent se présenter :

comment écrire un poème : étape 1

A – Inspiration involontaire

Mélissa de Max Brun | Comment ecrire un poeme

L’inspiration est dite « involontaire », lorsqu’elle vous vient au détour d’une ballade dans un parc ou en discutant avec un collègue au bureau, ou encore en prenant un verre avec un ami un soir. Dans ce cas, comme Musset, vous vous surprenez à dire :

Est-ce toi dont la voix m’appelle,
Ô ma pauvre Muse ! Est-ce toi ?

Comme cette inspiration est involontaire, c’est-à-dire qu’elle n’est pas le fait d’un travail ou d’une volonté, je vous conseille de ne pas la laisser filer et de l’écrire le plus rapidement possible sur un bloc note. Tous les téléphones portables de nos jours possèdent un bloc note numérique, le plus simple est de l’ouvrir et de noter sans donner forme à l’idée qui vous vient en tête. Si vous êtes un puritain et que vous refusez de posséder un téléphone portable, je vous recommande d’avoir en permanence avec vous un petit cahier et un stylo sur lequel vous pourrez noter vos inspirations.

comment écrire un poème : étape 2

Conseil :

Il est important de ne surtout pas tenter de donner forme à votre texte, mais de le noter tel qu’il vous vient à l’esprit. Le travail de mise en forme pourrait vous rebuter et vous seriez amené à abandonner vos notes si vous bloquez sur un mot ou une expression.

comment écrire un poème : étape 1

B – Inspiration volontaire

Mais rassurez-vous comme disait Dominique Glocheux « L’inspiration vient – aussi – en travaillant ». Plusieurs petites « astuces » pour travailler votre inspiration.

1 – La technique des « Incipits »

Comme Thierry Maugenest le recommande dans son livre « les rillettes de Proust », vous pouvez noter à la suite l’incipit de plusieurs romans, jusqu’à en avoir un paragraphe de quelques lignes. En lisant, on se rend souvent compte qu’il peut y avoir sens.

 

Exemple :

Cette idole, aux yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable, mexicaine et flamande ; son domaine, azur et verdure insolents, courts sur des plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques. C’est elle, la petite morte, derrière les rosiers. Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir. Devant une neige un être de beauté de haute taille.

Extraits tirés des illuminations : (1) Enfance I ; (2) Enfance II ; (3) Enfance (III) ; Being Beauteous

2 – La technique des explicits

Comme Thierry Maugenest le recommande dans son livre « les rillettes de Proust », vous pouvez noter à la suite la dernière phrase de plusieurs romans, jusqu’à en avoir un paragraphe de quelques lignes. En lisant, on se rend souvent compte qu’il peut y avoir sens.

Exemple :

Le bout du monde. Pas complètement, mais il faut laisser quelques secrets pour l’autre vie, si elle existe et s’il est permis de s’y exprimer. Ô mes frères, je voudrais vous dire : la maison a fermé une à une ses fenêtres, se détachant ainsi, sans cirque ni saut, du monde, se refermant à mesure sur sa garde d’une époque, – notaire fragile de nos antans d’enfance.

Extraits tirés de : L’art presque perdu de ne rien faire (Dany Laferrière) ; 2084 la fin du monde (Boualem Sansal) ; Une enfance créole I (Patrick Chamoiseau).

3 – Le pastiche

Le pastiche : Se nourrir des classiques de la littérature pour produire une nouvelle œuvre. Vous pouvez par exemple reprendre « Boule de suif » et changer le nom des personnages, le nom des lieux, le nom des évènements etc. Vous avez une autre œuvre sans avoir eu un travail d’imagination immense.

Exemple : 

Original : Les derniers soldats français venaient enfin de traverser la Seine pour gagner Pont-Audemer par Saint-Sever et Bourg-Achard ; et, marchand après tous, le général, désespéré, ne pouvait rien tenter avec ses loques, éperdu lui-même dans la grande débâcle d’un peuple habitué à vaincre et désastreusement battu malgré sa bravoure légendaire, s’en allait à pied, entre deux officiers d’ordonnance.

4 – Décrire un moment

La description d’un moment. Vous pouvez également tout simplement vous remémorer un moment de votre vie et tenter de le décrire le plus fidèlement possible. Vous verrez, vous serez surpris de la qualité du texte qui peut en sortir. L’évènement le plus anecdotique peut en être la matière, par exemple, la première heure de votre journée.

Exemple : 

La nuit dernière, c’était la soirée d’anniversaire de ma grande sœur. En fait, ce n’était pas le jour de son anniversaire, on l’a fêté quelques jours après sa vraie date d’anniversaire, parce que son anniversaire tombait en semaine et qu’elle venait de reprendre le travail, ça n’aurait pas été correct de fêté en soirée et d’arriver le lendemain bourrée au travail.

On est allé sur les quais de Seine à côté d’Invalides, à côté du pont Alexandre III pour être plus précis. Il y avait : ma sœur, bien sûr, mais, également, mon grand frère, ma copine et trois des amis de mon grand frère.

Mon frère et ses amis sont arrivés en premier, ensuite je suis arrivé et ma sœur est arrivée en dernière. On l’a attendu quelques minutes, pas vraiment à la sortie du métro, puisque mon frère et ses amis, ainsi que la copine de mon frère ont voulu aller acheter des bières. Moi, j’ai préféré leur faire attendre que ma sœur arrive, c’était son anniversaire après tout.

5 – Descriptif d’un lieu

La description d’un lieu. Vous pouvez, aussi, regarder autour de vous et décrire le plus fidèlement possible votre appartement en n’oubliant absolument aucuns détails, ou encore un lieu dans lequel vous étiez la veille ou vous avez passé un moment particulier ou pas.

Exemple :

L’hôtel des Invalides est un monument parisien dont la construction fut ordonnée par Louis XIV par l’édit royal du 24 février 1670 pour abriter les invalides de son armée. Napoléon Bonaparte y est enterré. Il est situé dans le 7earrondissement de Paris. C’est un immense bâtiment avec un dôme en or ; comme le Pont Alexandre qui lui aussi est en parti réalisé avec de l’or. Le Pont Alexandre III permet de franchir la Seine entre le 7eet le 8earrondissement ; entre le rive sud et la rive nord. Un pont entre la culture et l’économique. Il porte le nom du Tsar de Russie Alexandre III.

6 – Description des individus (vos proches par exemple)

La description des individus. Si vous prenez les transports, vous pouvez décrire les personnes qui se trouvent dans ce transport. Vous utiliserez ensuite ces descriptions pour certains de vos personnages.

7 – Accoler vos textes

Vous pouvez ensuite prendre les trois textes descriptifs et les accoler l’un après l’autre. Qui sait vous aurez peut-être en vos mains un texte court, voire le début d’une nouvelle.

 

Exemple : 

La nuit dernière, c’était la soirée d’anniversaire de ma grande sœur. En fait, ce n’était pas le jour de son anniversaire, on l’a fêté quelques jours après sa vraie date d’anniversaire, parce que son anniversaire tombait en semaine et qu’elle venait de reprendre le travail. On est allé sur les quais de Seine à côté d’Invalides, à côté du pont Alexandre III pour être plus précis.

Il y avait : ma sœur, bien sûr, mais, également, mon grand frère, sa copine et trois des amis de mon grand frère. Mon frère et ses amis sont arrivés en premier, ensuite je suis arrivé et ma sœur est arrivée en dernière. On l’a attendu quelques minutes, pas vraiment à la sortie du métro, puisque mon frère et ses amis, ainsi que la copine de mon frère ont voulu aller acheter des bières. Moi, j’ai préféré leur faire attendre que ma sœur arrive, c’était son anniversaire après tout.

Ma sœur, est une très belle fille. Elle est grande, elle mesure 1m72, elle a la peau sombre : brune foncée, les cheveux frisés, les traits fins : petit nez, lèvres apparentes ; un visage longiligne et étroit. Son corps est à l’image de son visage longiligne et étroit : des fesses plates, de petits seins. Elle est vêtue d’un bas noir en soie, d’un petit débardeur blanc et au-dessus une veste légère en prévision de la baisse de température que l’on ressent généralement en fin de soirée.

L’hôtel des Invalides est un monument parisien dont la construction fut ordonnée par Louis XIV par l’édit royal du 24 février 1670 pour abriter les invalides de son armée. Napoléon Bonaparte y est enterré. Il est situé dans le 7earrondissement de Paris. C’est un immense bâtiment avec un dôme en or ; comme le Pont Alexandre qui lui aussi est en parti réalisé avec de l’or. Le Pont Alexandre III permet de franchir la Seine entre le 7eet le 8earrondissement ; entre le rive sud et la rive nord. Un pont entre la culture et l’économique. Il porte le nom du Tsar de Russie Alexandre III.

8 – Adapté un classique

Adapté un classique français à l’époque moderne en modifiant le style de l’écriture, le nom des personnages qui serait trop vieillot. Le nom des titres : roi par président, noble par riche, bourgeois par cadre, nègre par noir. Ôter tous éléments qui pourraient faire penser à un temps révolu : notion d’esclavage, de colonisation et les remplacer par mondialisation, relocalisation… D’un chef d’œuvre, vous pourrez sans doute en faire un chef d’œuvre plus moderne.

comment écrire un poème : étape 2

Étape II pour écrire un poème : poésie, nouvelle & roman ?

Vous avez maintenant en votre possession un texte écrit d’une traite sous l’inspiration. Ce texte n’a pas de forme définit. Il s’agit pour le moment d’une suite de phrases qui, rassemblées, forment un paragraphe plus ou moins long. Cela dépend de la densité de l’inspiration qu’a été la vôtre.

La seconde étape est donc de savoir quelle forme donner à ce texte : poésie, nouvelle ou roman ???

Pour cela, rien de plus simple il suffit de s’y tenir au schéma narratif qui est le squelette de l’histoire. En absence de schéma narratif, il ne peut y avoir ni nouvelle, ni roman. Il s’agira alors d’un poème. Pour savoir si votre texte écrit sous l’inspiration comporte un schéma narratif, rien de plus simple, posez-vous ces questions :

  • Y-a-t-il une situation initiale ?
  • Y-a-t-il un élément déclencheur ?
  • Quelles sont les péripéties et combien y en a-t-il ?
  • Y-a-t-il un dénouement ?
  • y-a-t-il une situation finale ?

S’il n’y a pas un élément déclencheur, peu de place pour des péripéties et pas de dénouement ; vous aurez des difficultés à en faire une nouvelle ou un roman. Mais, n’abandonnez pas pour autant votre texte rédigé sous l’inspiration. Faites en un poème. Comment ? Je vais vous aider… Lisez la suite.

Comment écrire un poème : étape 2

Astuces :

1) Si vous êtes le seul personnage présent dans votre texte, il y a de grande chance pour que vous ne puissiez en faire qu’un poème.

2) Ne tentez pas de répondre trop rapidement à ces questions. Relisez à plusieurs reprises votre texte, peut-être que l’inspiration était en sommeil et qu’à force de relire le texte elle reviendra. Au bout de quelques jours si elle n’est toujours pas revenue, posez-vous les questions proposées ci-dessus.

3) L’élément déclencheur est vraiment indispensable à la rédaction d’une nouvelle. Petit conseil, si vous ne trouvez pas d’élément déclencheur dans votre texte rédigé sous l’inspiration, essayez d’en insérer un. Si vous n’y arrivez pas, écrivez un poème.

Comment écrire un poème : étape 3

Étape III pour écrire un poème : 1 idée = 1 strophe

Vous avez désormais un texte dont vous souhaitez en faire un poème.

Il vous faut maintenant prendre ce texte et le scander en autant de paragraphe qu’il comporte d’idées, de scènes ou d’émotions dans votre texte, selon la nature du texte.

Cela vous permettra de connaître le nombre de strophe que vous aurez dans votre poème, ceci n’est bien sûr pas définitif. Vous pouvez en continuant la mise en forme (rédaction de votre poème), procéder à des ajouts ou des retraits. Mais, vous aurez une première idée de la longueur que prendront votre poème et surtout la forme de la strophe.

comment écrire un poème : étape 3

Quelles sont les différentes formes de strophes : 

  • monostique ou monostiche pour un vers ;
  • distique pour deux vers ;
  • tercet pour trois vers ;
  • quatrain pour quatre vers ;
  • quintil pour cinq vers ;
  • sizain pour six vers ;
  • septain pour sept vers ;
  • huitain pour huit vers ;
  • neuvain pour neuf vers ;
  • dizain pour dix vers ;
  • onzain pour onze vers ;
  • douzain pour douze vers ;
  • treizain pour treize vers ;
  • quatorzain pour quatorze vers.
  • Strophe carrée (autant de vers que de syllabes dans chaque vers, par exemple un quatrain de vers de 4 syllabes)
  • Strophe horizontale (un nombre de vers inférieur au nombre de syllabes de chaque vers)
  • Strophe verticale (un nombre de vers supérieur au nombre de syllabes de chaque vers)
  • Strophe isométrique (le même nombre de syllabes pour tous les vers)

comment écrire un poème : étape 3

Astuces : 

  1. Ne vous encombrez pas encore avec la longueur des syllabes à cette étape de votre poème. Vous devez savoir la longueur des strophes que vous souhaitez faire. Mais, pas nécessairement le type de syllabes.
  2. Pour faire simple, je vous propose de faire un vers pour chaque partie de phrases avant une virgule, un point, un point-virgule ou tout autre signe de ponctuation. Les signes de ponctuation deviennent ainsi des repères dans la trame de votre poème.

Comment écrire un poème : étape 4

Etape IV pour écrire un poème – Quel type de poème ?

Vous devez maintenant déterminer la forme que vous souhaitez donner à votre poème. Il existe de nombreuses formes de poèmes en langue française : des formes fixes ou libres. Connaître les différents genres poétiques peut vous permettre de déterminer la forme que vous allez donner à votre poème.

En effet, l’étape précédente vous a permis de déterminer le nombre approximatif de strophe que comportera votre poème.

Or en prenant connaissance des différents genres poétiques, vous constaterez que certains ont une forme fixe et se doivent donc de comporter un certain type de strophe.

comment écrire un poème : étape 4

Exemple :

Si votre texte ne comporte pas de quatrain, il ne pourra pas être un sonnet ; le sonnet comportant obligatoirement deux quatrains ; de même s’il n’y a pas de tercets.

Si votre texte ne comporte pas de huitain, il ne pourra pas être une ballade ; une ballade comportant obligatoirement 3 huitains.

comment écrire un poème : étape 4

Astuces et infos :

1 – Si votre poème comporte une strophe quatorzain (une strophe de 14 vers), étant donné qu’aucun genre poétique fixe ne comporte de treizain, vous pouvez scander votre strophe en deux quatrains et deux tercets et en faire un sonnet. Ou vous pouvez décider de garder votre quatorzain et en faire un poème de forme libre.

2 – Si vous avez choisi de faire une forme fixe, par exemple vous voulez absolument que votre poème soit un sonnet, vous pouvez revoir votre inspiration. Ou bien tout simplement recouper votre poème de façon à ce qu’il respecte cette forme. Je ne vous le conseille cependant pas, car cela vous contraindrait bien trop et serait nuisible à votre processus de création. Vous perdriez en intensité dans votre poème, mais également du temps.

Pour vous aider :je vous propose une liste des différentes formes de poèmes existant en langue française. D’autres formes de poème existent dans les autres langues. Il existe même une forme orale poétique qui peut être retransmise à l’écrit dans certaine culture. Vous pouvez tout à fait choisir l’une de ces formes. Cette liste ci-dessous est non exhaustive.

Vous pouvez également choisir d’être le plus libre possible dans votre poésie et de ne lui donner aucune forme. Vous pourriez par exemple ne plus toucher le texte que vous avez rédigé jusque-là à part si vous pensez qu’il exprime bien ce que vous vouliez exprimer.

3 – Pensez à la musicalité que vous voulez donner à votre poème. La forme joue énormément sur la musicalité, notamment avec la présence ou l’absence de vers « refrain » : vers répété plusieurs fois dans une même strophe ou dans un même poème.

4 – En poésie française souvent une forme de poème est associée à une époque donnée. Par exemple, le Rondeau est souvent associé au XV et XVI siècle, période durant laquelle cette forme de poème était la plus populaire. Il ne parlera donc peut-être pas (ou peut-être bien) à une personne de notre siècle. Si votre but est de toucher un public, ce n’est peut-être pas la meilleure forme à donner à votre poème.

Comment écrire un poème : étape 5

Étape V pour écrire un poème : Alexandrin, décasyllabes, octosyllabes… ou vers libre ?

Vous savez quel type de texte vous souhaitez rédiger : un poème

Vous savez quel type de strophe que vous voulez utiliser pour rédiger votre poème : quatrain, quintil, sizain…

Vous savez quelle forme de poème vous voulez rédiger : sonnet, rondeau, vers libre, chanson, ballade…

Il vous manque maintenant à trouver quelle forme de vers vous allez utiliser pour rédiger votre poème.

Notez que selon le genre poétique que vous aurez choisi de donner à votre poème, vous serez contraint d’adoptez un certain type de vers.

Par exemple si vous décidez d’écrire une sextine, vous serez contraint de faire des alexandrins. Puisque la sextine est une forme poétique qui contraint à utiliser l’Alexandrin.

De même pour le sonnet, pour qui l’utilisation de l’alexandrin, du décasyllabe et de l’octosyllabe est obligatoire.

Vous pourriez être admis à vouloir faire votre poème en alexandrin. En effet, l’alexandrin est le vers noble par exemple, mais il est aussi très technique avec le respect de la césure ou de la multi syllabique. De plus, le rythme, la musicalité du poème n’est pas la même selon que vous utilisez l’alexandrin, l’octosyllabe ou heptasyllabe. Aussi, certaines formes de vers sont plus facilement mémorisables que d’autres : l’alexandrin (12 syllabes par vers) et hexasyllabe (6 syllabes par vers) par exemple.

Voici la liste des formes de vers existant en langue française : 

    • une syllabe : monosyllabe ;
    • deux syllabes : dissyllabe ;
    • trois syllabes : trisyllabe ;
    • quatre syllabes : tétrasyllabe ou quadrisyllabe ;
    • cinq syllabes : pentasyllabe ;
    • six syllabes : hexasyllabe ;
    • sept syllabes : heptasyllabe ;
    • huit syllabes : octosyllabe ;
    • neuf syllabes : ennéasyllabe ;
    • dix syllabes : décasyllabe ;
    • onze syllabes : hendécasyllabe ;
    • douze syllabes : alexandrin ou dodécasyllabe.

    Astuces : 

    1 – Pensez à votre objectif : voulez-vous que votre poème soit retenu, récité souvent ou lu dans le secret. Souhaitez-vous qu’il soit intime ou public. Ces questions ne sont pas anodines pour répondre à la question du nombre de syllabe que vous voulez donner à vos vers. Posez-vous ces questions avant de faire votre choix :

    • Plusieurs personnes liront-ils mon poème ?
    • Est-ce un poème qui doit être lu en public ?
    • Est-ce au contraire un poème que l’on doit se lire dans sa tête à soi ?
    • Est-ce un poème qui a pour but d’enthousiasmer les gens ? De les convaincre ?

    2 – La musicalité du poème est-elle importante ? Parce exemple dans le cas de parole de chanson, en absence de voix chantée (type Slam) préférez l’alexandrin et hexasyllabes qui sont les formes de vers les plus belles à attendre lors qu’elles sont dictées. C’est bien sûr mon avis.

    Comment écrire un poème : étape 6

    Étape VI pour écrire un poème : Travailler son poème

    Ca y est !

    1 – Vous avez noté votre inspiration ;

    2 – Vous avez découpé votre poème par idée de façon à en faire des strophes ;

    3 – Vous avez déterminé le nombre de vers par strophe ;

    4 – Vous avez déterminé quelle forme poétique allait prendre votre inspiration ;

    5 – Vous avez choisi quel type de vers vous souhaitiez utiliser pour rédiger votre poème ;

    Vous pouvez maintenant le travailler.

    Dans un premier temps, je vous conseille de le corriger. Votre inspiration peut comporter certaines erreurs orthographiques et syntaxiques. Cela peut nuire à la qualité du texte et vous induire en erreur lors du travail des strophes et des vers. Prenez votre temps et corriger les fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire. N’hésitez pas à vous relire à plusieurs reprise et à le faire relire par d’autres si vous le pouvez.

    Lorsque c’est fait, commencer par tomber d’accord sur les rimes que vous allez utiliser. Pour cela, aider vous du document ci-dessous où une grande quantité des formes poétique y est référencée. Certaines formes obligent à un certain enchaînement dans les rimes, d’autres non. Déterminer si c’est le cas pour votre poème. Si c’est le cas, vous devrez vous y tenir. Par exemple pour un sonnet français il vous faudra respecter l’enchaînement suivant : ABBA ABBA CCD EED.

    Vous connaissez la longueur de vos vers et le type de rime que vous devez respecter. Vous pouvez y aller et travailler votre poème.

    Astuces : 

    1 – A chaque strophe arrêtez-vous et vérifiez que tout est respecté en termes de syllabes et de rimes, mais également de sens. Egalement lisez votre strophe à voix haute pour voir si la musicalité et le sens sont respectés.

    2 – L’Alexandrin est contraignant, n’oublier pas de voir s’il respecte la césure. C’est-à-dire l’arrêt dans la récitation (très léger, mais réelle), ainsi vous éviterez que la sixième syllabe soit présent au milieu d’un mot… Ce n’est pas indispensable, mais cela a son importance quand on lit le poème.

    3 – Vérifiez la qualité de vos enjambements et de vos rejets.

    Pour rappel : un enjambement est le fait de devoir, pour respecter le nombre de syllabes dans le vers, passer un mot d’un même groupe nominal au début du vers suivant. Il existe quatre types d’enjambement :

    • Simple ;
    • Avec rejet (le mot est passé sur le vers suivant pour en accentuer l’importance) ;
    • Avec contre-rejet (le mot de fin du vers devrait être dans le vers qui suit parce qu’il appartient à celui, mais il est laissé en fin de vers) ;
    • ou avec rejet et contre rejet.

    4 – Lorsque tout ceci est vérifié, relisez à nouveau votre strophe au cas où en le travaillant vous ayez ajouté de nouvelles fautes d’orthographe ou de syntaxe.

    Comment écrire un poème : étape 7

    Étape VII pour écrire un poème : Relectures & modifications

    Je vous conseille enfin de faire plusieurs lectures à voix haute pour vous-même.

    Vous pourrez ainsi voir si vous êtes satisfait ou non du rendu de votre poème. Un poème lu par soi-même n’est pas ressentis de la même façon qu’un poème lu par un tiers. Entendre un autre lire votre poème vous permettra de savoir si vous êtes vraiment satisfait du rendu de votre poème.

    Un poème étant un écrit personnel et dans lequel, bien souvent, on y met énormément de nous ; je vous déconseille de le faire lire directement à une personne trop proche de vous. Avant de le faire lire par un proche :

    • faites-le, plutôt lire par un tiers ; sur un forum d’amateurs de littérature par exemple ;
    • Ensuite, si votre poème a été apprécié, vous pouvez le faire lire par un professionnel ; un professeur, un bibliothécaire par exemple ;
    • S’il a plût, faites donc le lire par une personne de votre entourage, votre sœur, votre cousine, votre mère… ;
    • S’il plaît, ne le fait pas lire par votre bien-aimé(e) tout de suite. Non, faites plutôt le point VIII.

    Comment écrire un poème : étape 8

    Étape VIII pour écrire un poème : Relecture & Correction

    Enfin, faites relire votre poème par un correcteur de façon à vous assurer que vous n’avez pas laissé de faute d’orthographe ou de syntaxe (même si en poésie certaines libertés sont possibles en matière de syntaxe).

    Cette étape est très importante :

    • Car un poème avec des fautes d’orthographe n’est pas agréable à lire ;
    • Un faute d’orthographe ou de syntaxe peut avoir un effet sur le nombre de syllabes de vos vers, mais également vos rimes.

    IMPORTANT : A avoir toujours à côté de moi, si l’on veut s’assurer d’écrire le poème parfait :

    • Un dictionnaire ;
    • Un dictionnaire des synonymes ;
    • Un compteur de syllabes ;
    • Un bloc note ;
    • Un correcteur orthographique en ligne ;
    • Votre PDF : « Comment écrire un beau poème » ;
    • Un stylo.

    ANNEXE

    Liste des différentes formes de poèmes : 

    Le sonnet

    Le sonnet est un poème codifié, composé de quatre strophes : deux quatrains et deux tercets.

    Le type de rime dépend du type de sonnet. Parmi les sonnets réguliers on distingue :

    Le sonnet dit « italien » avec des rimes de type : ABBA ABBA CCD EED

    Poète célèbre : 

    • Pierre de Ronsard, poète français, XVIe siècle ;
    • Arthur Rimbaud, poète français du XIXe siècle.

    Exemple : 

    Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose
    En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
    Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
    Quand l’aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;

    La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
    Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;
    Mais, battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
    Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.

    Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
    Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
    La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

    Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
    Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
    Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses

    DE RONSARD, Pierre. « Sur la mort de Marie » tiré de Les Amours, V, 1552.

    Le sonnet dit « français » avec des rimes de type : ABBA ABBA CCD EDE

    Poète célèbre :

    • Paul Verlaine, poète français du XIXe siècle.

    Exemple :

    MON RÊVE FAMILIER

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
    Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

    Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
    Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

    Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
    Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
    Comme ceux des aimés que la Vie exila.

    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

    VERLAINE, Paul. « Mon rêve familier » est tiré de Poèmes saturniens, Editeur Alphonse Lemerre, 1966.

    Le sonnet dit « madrigalesque » : sonnet de plus de quatorze vers

    POÉSIE D’HIVER

    J’aime noircir la page où riment quelques vers
    Puis voilant chaque mot parfumé dans l’ivresse
    Nous avons partagé la vague des hivers
    Car l’invincible amour se couche avec tendresse.

    Or un tracé de plume enlace l’univers,
    Mais la soif du savoir suit la perle d’adresse,
    Que confond le chaos dans l’ombre des travers ;
    La nuit revêt souvent l’espoir d’une caresse.

    Il fait froid et pourtant rien ne tend à charmer
    Le sommet de nos monts vient parfois transformer
    Un esprit si vivace au souffle du silence,
    Or la neige sourit à la porte du ciel

    Au grand creux de l’oubli s’éveille en turbulence
    La passion ardente où naît l’essentiel ;
    La poésie entonne un chemin d’opulence
    Quand la lune s’épanche en ce monde arc-en-ciel.

    Inconnu

    Le sonnet « Pétrarque » avec des rimes de type : ABBA ABBA CDE DCE ou ABBA ABBA CDE CDE

    Exemple :

    Qui d’un poète entend suivre la trace
    En traduisant, et proprement rimer,
    Ainsi qu’il faut la diction limer,
    Et du François garder la bonne grâce,

    Par un moyen luy conviendra qu’il face
    Egale au vif la peinture estimer,
    L’art en tous point la Nature exprimer
    Et d’un corps naistre un corps de mesme face :

    Mais par sus tout met son honneur en gage,
    Et de grand’peine emporte peu d’estime
    Qui fait parler Petrarque autre langage,

    Le translatant en vers rime pour rime :
    Que pleust aux dieux et Muses consentir
    Qu’il en vinst un qui me peust desmentir

    Inconnu

    Le sonnet « Régulier » avec des rimes de type : ABAB ABAB CCD EED

    Poète célèbre :

    • Charles Baudelaire, poème français du XIXe siècle.

    Exemple :

    A UNE DAME CREOLE

    Au pays parfumé que le soleil caresse,
    J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
    Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
    Une dame créole aux charmes ignorés.

    Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
    A dans le cou des airs noblement maniérés ;
    Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
    Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

    Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
    Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
    Belle digne d’orner les antiques manoirs,

    Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
    Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
    Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

    BAUDELAIRE, Charles. « A une dame créole » est tiré de Les fleurs du mal, Auguste Poulet-Malassis, 1867.

    Sonnet inversé de « Verlaine » deux tercets suivi de deux quatrains.

    Poète célèbre :

    • Paul Verlaine, poète français du XIXe siècle.

    Exemple :

    RESIGNATION

    Tout enfant, j’allais rêvant Ko-Hinnor,
    Somptuosité persane et papale,
    Héliogabale et Sardanapale !

    Mon désir créait sous des toits en or,
    Parmi les parfums, au son des musiques,
    Des harems sans fin, paradis physiques !

    Aujourd’hui plus calme et non moins ardent,
    Mais sachant la vie et qu’il faut qu’on plie,
    J’ai dû refréner ma belle folie,
    Sans me résigner par trop cependant.

    Soit ! le grandiose échappe à ma dent,
    Mais fi de l’aimable et fi de la lie !
    Et je hais toujours la femme jolie !
    La rime assonante et l’ami prudent.

    VERLAINE, Paul.« Résignation » est tiré de Poèmes saturniens, Editeur Alphonse Lemerre, 1966.

    Sonnet avec rimes libres

    Poètes célèbres :

    • Victor Hugo, poète français du XIXe siècle ;
    • Bigaro Diop, poète sénégalais du XXe siècle ;
    • Arthur Rimbaud, poète français du XIXe siècle.

    Exemple : 

    UNE PLAGE OU S’AIMER.

    Dans une île au passé ravagé
    Dans une île au passé naufragé
    Trouverons-nous, enfin, une plage
    Où nous serons bien seuls, une plage.
    Une plage pour les naufragés,
    Naufragés de l’amour antillais.
    Une plage à nous, où bien s’aimer,
    Une plage au sable ensoleillé.
    Nous serons de si beaux naufragés

    Sur le doux rivage de l’amour ;
    Un rivage au sable ensoleillé.
    Dans une île au passé ravagé,
    Dans une île au passé naufragé,
    Une plage où s’aimer… une plage.

    BRUN, Max. « Une plage ou s’aimer » est tiré de Mélissa, Edilivre, 2019.

    L’ode

    L’ode est un petit poème lyrique écrit dans le but d’être chanté. Le poète y célèbre les sentiments les plus intimes de son âme.

    En général, l’ode est composée de stances ou strophes presque toujours semblables ou symétriques, c’est-à-dire qu’elles comportent le même nombre de vers et de syllabes.

    Poètes :

    • Max Brun, poète français, XXIe siècle
    • Horace, poète grec, Ier siècle avant JC
    • John Keats, poète anglais, XIXe siècle

    Exemple :

    UNE SAGA ANTILLAISE

    Foyer de grâce et de beauté.
    Femmes créoles
    Gardiennes du rêve antillais.
    Femmes créoles
    Nous avons quitté le doux grand pays
    Dis au-revoir aux nègres de l’ouest.
    Nous nous sommes battus, avons subis,
    Avons pleurés, sommes morts, sommes nés
    Et l’orgueil de notre destin, sans doute,
    S’est éveillé dans cette traversée.
    Vous rappelez-vous ces voiles, si lourdes
    Protectrices de notre traversée ?
    Avez-vous oubliez le grand pays ?
    Savez-vous, sincèrement, qui vous êtes ?
    La liberté n’est pas une maitresse aisée.
    Nous n’irons pas à l’intérieur de ces terres,
    Où certains ont perdu toute leur fierté.
    Non ! Allons plutôt ensemble. Que je t’emmène
    Je t’emmènerai, voir le secret des hommes
    De loi, des hommes fous des hommes libres.
    Les chiens créoles, leurs cris ne me font pas peur.
    Ainsi, je contournerai tout empli d’ardeur
    La rivière pourpre et ils ne me verront pas.
    Rappelles-toi ce jeu que nous adorions faire.
    Je tournais, si longuement, dans ma propre tête…
    Ainsi, revoir ma grande ombre en pleine tempête
    Et en ces doux temps-là, comme tu étais belle.
    Ne t’en fais pas ! Tu es belle, toujours, à l’instant.
    Nous sommes partis depuis plusieurs années.
    Et avons pris la mer depuis bien trop longtemps.
    Alors, devons-nous nous rendre ? Capitulés ?

    Heures de grâce…

    BRUN, Max. « Une Saga Antillaise » est tiré de Epopée créole et odes antillaises, en cours d’édition.

    La chanson

    Il s’agit d’un poème qui est soutenu par une musique et que l’on chante. Il ne respecte pas obligatoirement de forme précise.

    Poètes célèbres :

    • Georges Brassens ; auteur-compositeur-interprète français, XXe siècle ;
    • Léo Ferré ; auteur-compositeur-interprète français, XXe siècle ;
    • Bruno Beausir, auteur-compositeur-interprète français, XXe siècle.

    Exemple :

    DANS MA RUE

    Ma rue est bourrée de vices
    A chacun ses délices
    A chacun sa 8.6
    Dans ma rue, les lascars se serrent la main
    Ce n’est pas comme dans le showbiz
    Où les mecs se font la bise

    Dans ma rue, les chinois s’entraident et se tiennent par la main
    Les youpins s’éclatent et font des magasins
    Et tous les lascars fument sur les mêmes joints
    Dans ma rue…
    C’est une pub pour Benetton
    Et tout le monde écoute les mêmes sonds à fond
    Mangeurs de cachère ou de saucisson, ouah.

    Dans ma rue.
    Je suis posé, je marche tranquille dans la ville
    J’esquive les civils et reste le patron du style
    A chacun sa banlieue
    La mienne je l’aime et elle s’appelle le 18ème

    Dans ma rue
    Pour communiquer il faut être trilingue
    Et faire attention quand on marche sur des s’ringues
    Se méfier des dingues qui sortent leurs flingues

    Dans ma rue
    Les péripathéticiennes craquent pour du crack
    Les pompiers les réveillent en leur mettant des claques
    Personne ne veut tenter le bouche à bouche
    Les clodos s’échappent pour ne pas prendre de douche

    Dans ma rue
    Le vendeur de grec veut nous empoisonner
    Sa viande est bizarre, son huile est périmée
    Comme moi, l’épicier fait’ses courses à ED
    Il me revend les mêmes produits que j’achète l’après-midi
    4 ou 5 fois plus cher la nuit, dans ma rue
    Ça vole, ça viole, mais qu’est-ce que tu veux?
    A chacun sa banlieue, la mienne je l’aime
    Et elle s’appelle…

    Porte de la Chapelle ou terminus
    Tout le monde descend, reste ou prend son bus
    Bienvenue dans ma rue
    Où la crasse colle à tes pieds sur le trottoir comme de la glue

    Bienvenue dans ma rue
    Où les pigeons meurent dans le caniveau
    A force de manger du dégueulis de toxico
    Dans ma rue, autant de flics que de mecs cocu
    Le coiffeur raconte des blagues aux dealers
    Les policiers donnent des planques aux voleurs
    Le facteur aide le macro à relever les compteurs

    J’ai été élu président de ma rue
    J’ai placé mes ministres, tout le monde est corrompu !

    A chacun sa banlieue, la mienne je l’aime
    Et elle s’appelle: le 18ème

    BEAUSIR, Bruno (AKA Doc Gyneco). « Dans la rue » est tiré de Premières consultations (disque audio), 1996, Virgin Records.

    La ballade

    Née au moyen âge, la ballade est faite pour être chantée.

    Elle se caractérise par :

    • 3 strophes carrées (nombre de vers égales aux nombres de syllabes)
    • 1 demi-strophe finale
    • Idéalement des rimes croisées de type ABAB

    Poètes : 

    • Max Brun, poète français, XXIe siècle ;
    • François Villon, poète français, XVe siècle ;
    • Michel Polnareff, auteur-compositeur-interprète, XXe siècle.

    Exemple : 

    UNE BALLADE POUR UNE PRINCESSE ANTILLAISE

    Je ne cesserai, Ô jamais,
    Princesse, de le répéter :
    Tu le sais, si bien ; ta beauté
    Est, à mes yeux, inégalée.
    Tu le sais, si bien ; ta beauté
    Est, à mes yeux, inviolée
    Comme un bien doux rêve, beauté
    Par lequel on est bien hanté

    Je ne cesserai, Ô jamais
    Princesse, de le répéter :
    Je suis ton fidèle soldat,
    Quand l’amour est un doux combat.
    Je suis à ton total service,
    Car l’amour est un vrai délice.
    Tel de lourdes instructions,
    Que l’on suit scrupuleusement

     Je ne cesserai, Ô jamais,
    Princesse, de le répéter :
    Ouvrant le livre, le lourd livre
    De notre histoire, toujours ivre
    De cet amour que l’on se porte
    J’écrirai, ces – bien – tendres mots :
    La princesse offrit sa beauté
    Lors d’une nuit ensoleillée.

    Princesse, avec tes beaux pouvoirs ;
    Intenses, immenses savoirs,
    Protège-nous de la nuit noire,
    Accompagne-nous, donc, vers l’aube !
    Et notre tout dernier espoir.

    BRUN, Max. « Une ballade pour une princesse antillaise. » est tiré de Mélissa, Edilivre, 2019.

    La lai

    Petite histoire courte datant du moyen-âge, ancêtre du fabliau.

    Il narre des aventures, il est très court et souvent comique.

    Exemple :

    D’euls deus fu il tut autresi,
    Cume del chevrefoil esteit,
    Ki à la codre se preneit :
    Quant il est si laciez et pris
    E tut entur le fust s’est mis,
    Ensemble poient bien durer.
    Mais ki puis les volt desevrer,
    Li codres muert hastivement
    Et chevrefoil ensemblement
    — Bele amie, si est de nus :
    Ne vus sanz mei, ne mei sanz vus

    « Lai du chèvrefeuille » à propos de Tristan et d’Iseut, inconnu

    Triolet ou rondel simple

    Le triolet est un poème qui respecte les caractéristiques suivantes :

    • 1 ou 2 strophes
    • Sur deux rimes
    • Généralement octosyllabique
    • Répétition au premier, quatrième et septième vers
    • Répétition au second et huitième vers

    Poètes :

    • Théodore de Banville, poète français, XIXe siècle ;
    • Max Brun, poète français, XXIe siècle.

    Exemple :

    NOTRE PREMIER APPARTEMENT

    Te souviens-tu ma Mélissa ;
    Notre premier appartement ;
    Résidence universitaire
    Te souviens-tu ma Mélissa ;
    Nos tous premiers repas ensemble,
    Nos premières nuits, bien ensemble.
    Te souviens-tu ma Mélissa ;
    Notre premier appartement.

    BRUN, Max. « Notre premier appartement » est tiré de Mélissa, Edilivre, 2019.

    Le rondeau ancien

    Le rondeau ancien est hyper technique, il est composé de :

    • 13 vers regroupés en deux quatrains suivis d’un quintil
    • Premier quatrain est en rimes embrassées ;
    • Le deuxième quatrain est en rimes croisées, il reprend comme deux dernier vers, les deux premiers vers de la première strophe
    • La troisième strophe de cinq vers est un quatrain aux rimes embrassées complété par la reprise du premier vers de la première strophe.

    Poètes célèbres :

    • François Villon, poète français, XVe siècle ;
    • Charles d’Orléans, poète français, XVe siècle ;
    • Tristan Corbière, poète français, XIXe siècle.

    Exemple :

    MORT, J’APPELLE DE TA RIGUEUR

    Mort, j’appelle de ta rigueur,
    Qui m’as ma maîtresse ravie,
    Et n’es pas encore assouvie
    Si tu ne me tiens en langueur :

    Onc puis n’eus force ni vigueur ;
    Mais que te nuisait-elle en vie,
    Mort ? [j’appelle de ta rigueur,
    Qui m’as ma maîtresse ravie.]

    Deux étions et n’avions qu’un cœur ;
    S’il est mort, force est que dévie,
    Voire, ou que je vive sans vie
    Comme les images, par cœur,
    Mort ! [j’appelle de ta rigueur.]

    VILLON, François. « Mort, j’appelle de ta rigueur. », , XVe siècle.

    Le rondeau nouveau

    Le rondeau nouveau aussi appelé « rondeau commun », « rondeau classique » ou encore « rondeau à rentrement ». Il comporte :

    • 13 vers sur deux rimes redoublées (8 masculines/5 féminines ou l’inverse)
    • Formé d’un quintil, un tercet et un dernier quintil avec un refrain tronqué. La 2e et la 3e strophe sont complétées par une reprise appelée « rentrement » formée du premier mot ou du premier hémistiche du premier vers (cette reprise ne comptant pas pour un vers).

    Poètes :

    • Max Brun, poète français, XXIe siècle
    • Alfred de Musset, poète français, XIXe siècle

    Exemple :

    N’AS-TU JAMAIS SENTI

    N’as-tu jamais, senti fleurir
    En ton sein, un si beau désir
    Qu’il te serait bien impossible
    De, parfaitement, le décrire
    De décrire, ce beau désir.

    Je vis et nous vois depuis, vivre
    En notre foyer, ce désir
    Qui me berce, ainsi, de plaisir

    N’as-tu jamais ?

    Senti fleurir, ce beau désir
    Qui nous ait rendus bien possible,
    Bien possible par la famille,
    Qui dans ce foyer nous emplit
    D’un beau rêve fait chair et vie

    N’as-tu jamais ?

    BRUN, Max. « N’as-tu jamais senti. » est tiré de Mélissa, Edilivre, 2019.

     

    Le rondeau redoublé

    Il est composé de :

    • Vingt vers
    • Cinq quatrains
    • Reprise des vers du premier quatrain dans les suivants

    L’acrostiche

    Selon le Larousse : poème dont les initiales des vers, lues verticalement, composent un mot (nom de l’auteur, du dédicataire, terme clef).

    Poètes célèbres :

    • George Sand, poétesse française, XIXe siècle ;
    • Alfred de Musset, poète français, XIXe siècle.

    Exemple : 

    GEORGE SAND ET ALFRED DE MUSSET : CORRESPONDANCE GRIVOISE

    De George Sand à Alfred Musset

    Je suis très émue de vous dire que j’ai
    bien compris l’autre soir que vous aviez
    toujours une envie folle de me faire
    danser. Je garde le souvenir de votre
    baiser et je voudrais bien que ce soit
    là une preuve que je puisse être aimée
    par vous. Je suis prête à vous montrer mon
    affection toute désintéressée et sans cal-
    cul, et si vous voulez me voir aussi
    vous dévoiler sans artifice mon âme
    toute nue, venez me faire une visite.
    Nous causerons en amis, franchement.
    Je vous prouverai que je suis la femme
    sincère, capable de vous offrir l’affection
    la plus profonde comme la plus étroite
    en amitié, en un mot la meilleure preuve
    dont vous puissiez rêver, puisque votre
    âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
    bite est bien longue, bien dure et souvent
    difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
    grosse. Accourrez donc vite et venez me la
    faire oublier par l’amour où je veux me
    mettre.

    D’Alfred de Musset à George Sand

    Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
    Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
    Vous avez capturé les sentiments d’un cœur
    Que pour vous adorer forma le Créateur.
    Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
    Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
    Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
    Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

    La réponse :

    Cette insigne faveur que votre cœur réclame
    Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

    Ou :

    Cette insigne faveur que votre cœur réclame
    Nuit peut-être à l’honneur mais répond à ma flamme.

    SAND, George ; DE MUSSET, Alfred « Poème sans nom », XIXe siècle.

    Poème en avalanche

    Il s’agit d’un poème dont le premier vers compte : une lettre, le second : deux lettres, le troisième : trois lettres, le quatrième : quatre lettres et ainsi de suite.

    Poète célèbre :

    • Victor Hugo, poète français, XIXe siècle.

    Exemple :

    LES DJINNS

    Murs, ville,
    Et port,
    Asile
    De mort,
    Mer grise
    Où brise
    La brise,
    Tout dort.

    Dans la plaine
    Naît un bruit.
    C’est l’haleine
    De la nuit.

    Elle brame
    Comme une âme
    Qu’une flamme

    Toujours suit !

    La voix plus haute
    D’un nain qui saute
    C’est le galop.

    Il fuit, s’élance,
    Puis en cadence
    Sur un pied danse

    Au bout d’un flot.

    La rumeur approche.
    L’écho la redit.
    C’est comme la cloche
    D’un couvent maudit ;

    Comme un bruit de foule,
    Qui tonne et qui roule,
    Et tantôt s’écroule,

    Et tantôt grandit,

    Dieu ! la voix sépulcrale
    Des Djinns !… Quel bruit ils font !
    Fuyons sous la spirale
    De l’escalier profond.

    Déjà s’éteint ma lampe,
    Et l’ombre de la rampe,
    Qui le long du mur rampe,

    Monte jusqu’au plafond.
    C’est l’essaim des Djinns qui passe,
    Et tourbillonne en sifflant !
    Les ifs, que leur vol fracasse,
    Craquent comme un pin brûlant.

    Leur troupeau, lourd et rapide,
    Volant dans l’espace vide,
    Semble un nuage livide

    Qui porte un éclair au flanc.
    Ils sont tout près ! – Tenons fermée
    Cette salle, où nous les narguons.
    Quel bruit dehors ! Hideuse armée
    De vampires et de dragons !
    La poutre du toit descellée

    Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
    Et la vieille porte rouillée

    Tremble, à déraciner ses gonds !
    Cris de l’enfer ! voix qui hurle et qui pleure !
    L’horrible essaim, poussé par l’aquilon,
    Sans doute, ô ciel ! s’abat sur ma demeure.
    Le mur fléchit sous le noir bataillon.

    La maison crie et chancelle penchée,
    Et l’on dirait que, du sol arrachée,
    Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,

    Le vent la roule avec leur tourbillon !

    Prophète ! si ta main me sauve
    De ces impurs démons des soirs,
    J’irai prosterner mon front chauve
    Devant tes sacrés encensoirs !

    Fais que sur ces portes fidèles
    Meure leur souffle d’étincelles,
    Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes

    Grince et crie à ces vitraux noirs !

    Ils sont passés ! – Leur cohorte
    S’envole, et fuit, et leurs pieds
    Cessent de battre ma porte
    De leurs coups multipliés.

    L’air est plein d’un bruit de chaînes,
    Et dans les forêts prochaines
    Frissonnent tous les grands chênes,

    Sous leur vol de feu pliés !

    De leurs ailes lointaines
    Le battement décroît,
    Si confus dans les plaines,

    Si faible, que l’on croit
    Ouïr la sauterelle
    Crier d’une voix grêle,
    Ou pétiller la grêle
    Sur le plomb d’un vieux toit.

    D’étranges syllabes
    Nous viennent encor ;
    Ainsi, des arabes
    Quand sonne le cor,

    Un chant sur la grève
    Par instants s’élève,
    Et l’enfant qui rêve

    Fait des rêves d’or.

    Les Djinns funèbres,
    Fils du trépas,
    Dans les ténèbres
    Pressent leurs pas ;

    Leur essaim gronde :
    Ainsi, profonde,
    Murmure une onde

    Qu’on ne voit pas.

    Ce bruit vague
    Qui s’endort,
    C’est la vague
    Sur le bord ;

    C’est la plainte,
    Presque éteinte,
    D’une sainte

    Pour un mort.

    On doute
    La nuit…
    J’écoute :
    Tout fuit,

    Tout passe
    L’espace
    Efface

    Le bruit.

    HUGO, Victor. « Les djinns. » est tiré de Les orientales, XIXe siècle.

    Caligramme

    Cette forme est à cheval entre le poème et le graphisme. Le caligramme reprend et associe les codes visuels avec le contenu poétique. Ce qui caractérise le caligramme, est que la disposition des mots doit être en accord avec le sujet dont traite le poème.

    Poètes célèbres : 

    • Guillaume Apollinaire, poète français, XXe siècle ;
    • François Rabelais, poète français, XVe siècle ;
    • Edmond Haraucourt, poète français, XIXe siècle.

    Exemple :

    LA TOUR EIFFEL

    « Salut monde dont je suis la langue éloquente que sa bouche ô Paris tire et tirera toujours aux allemands ».

    APPOLINAIRE, Guillaume, « La Tour Eiffel. », est tiré de Caligramme sous-titré Poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916, Editions Mercure de France, 1918.

    Haïku

    Le Haïku est un petit poème extrêmement bref visant à dire et célébrer l’évanescence des choses.

    Il prend une forme précise, même si certains auteurs se permettent quelques libertés.

    Il faut repérer 17 mores (7 – 5 – 7). Un mores n’est pas une syllabe. Dans une syllabe, il peut y avoir plusieurs mores. Le more est un son élémentaire émis lors de la phonation.

    Poètes :

    • Bashō Matsuo, poète japonais, XVIIe siècle ;
    • Benny Aguey Zinsou, poète franco-béninois, XXIe siècle.

    Exemple :

    HAÏKU DE L’ÉGALITÉ

    L’égalité,
    Indiscutable valeur
    De toutes différences

    AGUEY ZINSOU, Benny, « Haïku de l’égalité. » est tiré de Les haïkus philosophaux, Alfabarre, en cours d’édition.

    Epigramme

    L’épigramme est un court poème en forme de témoignage envers un héros. Il peut être élogieux, critique ou satirique. Sa structure se compose de deux parties, dans la première partie, il faut présenter le sujet, dans la seconde partie l’auteur présente sa pensée.

    A ne pas confondre avec Epigraphe, qui est le texte inscrit sur les pierres tombales.

    Poètes célèbres :

    • Jean-Jacques Rousseau, Philosophe suisse, XVIIIe siècle
    • Clément Marot, poète français, XVIe siècle

    Exemple :

    Je t’offre, ami lecteur, au livre que voici
    Du bon, du médiocre et du mauvais aussi.
    Tu riras de l’aveu ; n’importe.
    Hé ! Quel livre est fait d’autre-sorte ?

    Martial, Epigramme, « Jugement », Ie siècle

    Oaristys

    Poème ayant pour thème la discussion entre deux amoureux.

    Poète célèbres :

    • Homère, poète grecque, VIIIe siècle avant JC ;
    • André Chénier, poète et journaliste français, XVIIIe siècle ;
    • Paul Verlaine, poète français, XIXe siècle.

    Exemple :

    DAPHNIS.

    Hélène daigna suivre un berger ravisseur
    Berger comme Pâris, j’embrasse mon Hélène.

    NAÏS.

    C’est trop t’énorgueillir d’une faveur si vaine.

    DAPHNIS.

    Ah ! ces baisers si vains ne sont pas sans douceur.

    NAÏS.

    Tiens ; ma bouche essuyée en a perdu la trace.

    DAPHNIS.

    Eh bien ! d’autres baisers en vont prendre la place,

    NAÏS.

    Adresse ailleurs ces vœux dont l’ardeur me poursuit :
    Va, respecte une vierge.

    DAPHNIS.

    Imprudente bergère,
    Ta jeunesse te flatte ; ah ! n’en sois point si fière :
    Comme un songe insensible elle s’évanouit.

    NAÏS.

    Chaque âge a ses honneurs, et la saison dernière
    Aux fleurs de l’oranger fait succéder son fruit.

    DAPHNIS.

    Viens sous ces oliviers ; j’ai beaucoup à te dire.

    NAÏS.

    Non ; déjà tes discours ont voulu me tenter.

    DAPHNIS.

    Suis-moi sous ces ormeaux ; viens de grâce écouter
    Les sons harmonieux que ma flûte respire :
    J’ai fait pour toi des airs, je te les veux chanter ;
    Déjà tout le vallon aime à les répéter.

    NAÏS.

    Va, tes airs langoureux ne sauraient me séduire.

    ….

    CHÉNIER, André, « Imitée de la XXVIIe idylle de Théocrite » est tiré de Idylles,

    Elégie

    Selon Wikipédia, l’élégie est de nos jours, « considérée comme un genre au sein de la poésie lyrique, en tant que poème de longueur et de forme variables caractérisé par un ton plaintif particulièrement adapté à l’évocation d’un mort ou à l’expression d’une souffrance amoureuse due à un abandon ou à une absence ».

    Epopée

    L’épopée est un long poème d’envergure nationale narrant les exploits historiques ou mythiques d’un héros ou d’un peuple.

    Poètes :

    • Hésiode, poète grecque, VIIIe siècle avant JC ;
    • Homère, poète grecque, XIIIe siècle avant JC ;
    • Max Brun, poète français, XXIe siècle.

    Exemple :

    ÉPOPÉE CRÉOLE

    Préparez-vous, tous, à entendre l’épopée
    D’un grand poète-héro et de sa princesse,
    Venu d’une lointaine tribu de l’ouest.
    Ce poème parle d’une âme, d’un esprit
    Qui souffre d’avoir retrouvé ses anciens dieux.
    S’il y a des musulmans, des chrétiens, des juifs,
    Socialistes ou autres dans ces hauts lieux.
    Dirigez-vous, de suite, vers les portes blanches.
    Pour vous autres, qui êtes encore présents,
    Vous vous devez de regarder ce film sans fin.
    Quand l’instant vous semblera être approprié
    Hâtez-vous, sans détour, vers les portes-acier
    D’Où vous pénétrerai le jardin des festins.

    BRUN, Max. « Epopée créole. » est tiré de Epopée créole et odes antillaises, Edilivre, 2020.

    Ghazel

    Poésie arabe, mise au point par Roger Galichet, avec une forme fixe qui parle de femmes, de vin et de fleurs, où le nom du poète doit apparaître à la fin.*

    Il est composé de :

    • 12 vers ;
    • Deux quatrains, un tercet
    • Un dernier vers détaché appelé : médaille
    • Il respecte les rimes : ABBA ABA CDDC D

    Poète célèbre :

    • Louis Aragon, poète français, XXe siècle.

    Exemple :

    GAZEL DU FOND DE LA NUIT

    Je suis rentré dans la maison comme un voleur 
    Déjà tu partageais le lourd repos des fleurs
    au fond de la nuit 

    J’ai retiré mes vêtements tombés à terre 
    J’ai dit pour un moment à mon coeur de se taire
    au fond de la nuit 

    Je ne me voyais plus j’avais perdu mon âge 
    Nu dans ce monde noir sans regard sans image
    au fond de la nuit

    Dépouillé de moi-même allégé de mes jours 
    N’ayant plus souvenir que de toi mon amour
    au fond de la nuit 

    Mon secret frémissant qu’aveuglement je touche 
    Mémoire de mes mains mémoire de ma bouche
    au fond de la nuit 

    Long parfum retrouvé de cette vie ensemble 
    Et comme aux premiers temps qu’à respirer je tremble
    au fond de la nuit 

    Te voilà ma jacinthe entre mes bras captive 
    Qui bouges doucement dans le lit quand j’arrive
    au fond de la nuit

    Comme si tu faisais dans ton rêve ma place 
    Dans ce paysage où Dieu sait ce qui se passe
    au fond de la nuit 

    Ou c’est par passe-droit qu’à tes côtés je veille 
    Et j’ai peur de tomber de toi dans le sommeil
    au fond de la nuit

    Comme la preuve d’être embrumant le miroir 
    Si fragile bonheur qu’à peine on peut y croire
    au fond de la nuit

    J’ai peur de ton silence et pourtant tu respires 
    Contre moi je te tiens imaginaire empire
    au fond de la nuit 

    Je suis auprès de toi le guetteur qui se trouble 
    A chaque pas qu’il fait de l’écho qui le double
    au fond de la nuit

    Je suis auprès de toi le guetteur sur les murs 
    Qui souffre d’une feuille et se meurt d’un murmure
    au fond de la nuit

    Je vis pour cette plainte à l’heure où tu reposes 
    Je vis pour cette crainte en moi de toute chose
    au fond de la nuit 

    Va dire ô mon gazel à ceux du jour futur 
    Qu’ici le nom d’Elsa seul est ma signature
    au fond de la nuit !

    Louis Aragon (Le Fou d’Elsa, 1963)

    ARAGON, Louis. « Gazel du fond de nuit. » est tiré de Fou d’Elsa, Gallimard, 1963.

    Hyangga

    Les Hyangga sont caractérisés par des règles formelles.

    Les poèmes peuvent comprendre :

    • Quatre lignes
    • Huit lignes
    • dix lignes.

    Il se compose d’une structure en trois parties : quatre, quatre, et deux lignes respectivement.

    Poète célèbre :

    • Wolmyeongsa, poète moine bouddhiste, inconnu.

    Exemple :

    ÉLÉGIE A MA SOEUR

    Sur la route de la vie et de la mort
    Nous nous trouvons, hésitant.
    Pourquoi es-tu soudain partie
    Sans même me dire « Je m’en vais » ?

    Au premier matin d’automne
    Comme les feuilles ici et là se dispersent,
    Nés sur la même branche
    Mais ne sachant où nous allons.

    Ah ! au pays d’Amitabha te reverrai !
    T’attendre ! en cultivant la Voie !

    Wolmyeongsa, Elégie à ma sœur, date inconnue

    Miscellanées

    Poème composé de textes divers, mélangé en essayant de produire une certaine unité. Il s’agit de regrouper des fragments. Appelé, également analectes, aussi appelé : analectes, ana, varia ou silves.

    Poètes célèbres :

    • Clément d’Alexandrie ; lettré grecque chrétien, Ie siècle ;
    • Ben Schott, écrivain et auteur britannique, XXe siècle.

    Poème autobiographique

    Le poème biographique consiste est un poème dans lequel l’auteur cherche à décrire sa vie et ses états d’âme avec le plus d’honnêteté possible. Les deux auteurs les plus populaires sur ce genre littéraire sont Victor Hugo et Arthur Rimbaud. La forme est libre, il peut aussi bien s’agir de prose, que de vers libres ou de vers métrés.

    Poètes célèbres :

    • Léopold Senghor, poète sénégalais, XXe siècle ;
    • Léon-Gontran Damas, poète guyanais, XXe siècle ;
    • Alphonse de Lamartine, poète, écrivain, historien et homme politique français, XIXe siècle.

    Exemple :

    TO A DARK GIRL

    Tu as laissé glisser sur moi
    L’amitié d’un rayon de lune.
    Et tu m’as souri doucement,
    Plage au matin éclose en galets blancs.
    Elle règle sur mon souvenir, ta peau olive
    Ou Soleil et Terre se fiancent.
    Et ta démarche mélodie
    Et tes finesses de bijou sénégalais,
    Et ton altière majesté de pyramide,
    Princesse!
    Dont les yeux chantent la nostalgie
    Des splendeurs du Mali sous les sables ensevelies.

    SENGHOR, Léopold Sédar. « To a dark girl. » est tiré de Poèmes perdus, Gallimard, 1963.

    Poésie en prose

    Le poème en prose est un poème écrit en prose.

    Poètes célèbres :

    • Aimé Césaire, poète français, XXe siècle ;
    • Charles Baudelaire ; poète français, XIXe siècle ;
    • Arthur Rimbaud, poète français, XIXe siècle.

    Exemple :

    CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS NATAL

    Et mon île non-clôture, sa chair audace debout à l’arrière de cette Polynésie, devant elle, la Guadeloupe fendue en deux de sa raie dorsale et de même misère que nous, Haïti où la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu’elle croyait à son humanité et la comique petite queue de la Floride où d’un nègre s’achève la strangulation, et l’Afrique gigantesquement chenillant jusqu’au pied hispanique de l’Europe, sa nudité où la Mort fauche à larges andains.

    Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal 1939

    CESAIRE, Aimé. « Cahier d’un retour au pays natal. », Gallimard, 1947.

    Poésie pastorale

    La poésie pastorale, ou poésie bucolique, est un genre poétique dont l’objet est de représenter la vie champêtre et les mœurs des bergers, soit d’après la nature, soit d’après des idées et des images de convention.

    Poètes célèbres :

    • Pierre de Ronsard, poète français, XVIe siècle ;
    • Philippe Desportes, poètes français, XVIe siècle ;
    • Jean Vauquelin de La Fresnaye, poète français, XVIe siècle

    La Sotie

    La Sotie est un poème médiéval de onze vers, qui disposent leurs rimes en (ababccddede), mais où la voyelle finale accentuée prend successivement le timbre des cinq voyelles principales (a, e, i, o, u) comprise entre les mêmes consonnes. On aura, par exemple, les finales: nate (a), nete (b), nite (c), note (d), nute (e) ou tal (a), tel (b), tic (c), tol (d), tul (e). Les rimes seront donc unisexuées.

    Exemple de poème :

     

    Je vous présente un acrobate:
    Voyez s’arrondir sa jambette!
    Et (pour user d’une hyperbate)
    Sa cour il fait, et sa courbette,
    Avec une grâce subite
    A Suzon comme au Barnabite.
    Il aime un peu, oui, la ribote.
    Parfois dans le vice il barbote.
    Le triste Pierrot le rebute.
    Savez-vous de qui je jabote?
    D’arlequin, l’as de la culbute.

     

    Inconnu

    Le Fatras

    Le Fatras est un poème de forme fixe, d’origine picarde, comportant au total treize vers. Il comprend un couplet de onze vers sur deux rimes et dont voici la forme déterminée: (a*b*//a*abaab/babab*).

    Ce couplet est précédé d’un distique (a*b*), dont il est le commentaire ou le développement et dont il reprend, en (a*) le premier vers, et en (b*) le second:

    Poètes célèbres :

    • Watriquet de Couvin, poète français, XIVe siècle ;
    • Jean Molinet, poète français, XVe siècle.

    Exemple de poème :

    [La femme est comme un ange]

    [Qui se souvient aux cieux.]

    [La femme est comme un ange.]

    Dis-je vrai? Ou bien mens-je?
    On le lit dans ses yeux:
    Son cœur est sans mélange.

    Et c’est Adam qui mange
    La pomme, oui messieurs!
    Fi de ces goûts vicieux!
    Elle, presse l’orange

    Au goût délicieux…
    Est bien près de la fange

    [Qui se souvient aux cieux.]

    Inconnu

    Le Double Fatras

    Le Double Fatras est composé de deux Fatras simples, le premier traitant les vers du distique dans l’ordre où ils se présentent, le second inversant leur ordre. Voici la formule de l’ensemble:

    (a*b*//a*abaab/babab*//b*a*//b*babba/ababa*)

    Poètes célèbres :

    • Watriquet de Couvin, poète français, XIVe siècle ;
    • Jean Molinet, poète français, XVe siècle.

    Exemple de poème : 

    [Seul le silence est grand:]

    [Tout le reste est faiblesse.]

    [Seul le silence est grand.]

    Quand l’âme est un torrent,
    Une barque en détresse;
    Quand le chagrin vous prend
    Dans ses mains de truand
    Et vous tord et vous presse
    Sans vous laisser de cesse;
    Quand l’ami le plus franc
    Vous dit un mot qui blesse,
    Taisez-vous, cœur vaillant:

    [Tout le reste est faiblesse.]

    [Tout le reste est faiblesse?]

    [Seul le silence est grand?]

    [Tout le reste est faiblesse!]

    Mais! l’âme, vengeresse,
    Dénonce le marchand
    Qui débite l’ivresse!
    Et quand une drôlesse
    De ses doigts d’Aegipan
    Salit en la touchant
    L’innocente jeunesse,
    Debout! Sus au méchant
    Qui dit avec simplesse:

    [Seul le silence est grand.]

    Inconnu

    On distinguait le Fatras possible du Fatras impossible. Le Fatras possible est celui dont le texte offre un sens. Le Fatras impossible ne dit que des choses incohérentes.

    On suppose que le Fatras a commencé par être un jeu de société. Un thème était proposé à l’assistance sous forme de distique et chacun, dans un délai fort bref, devait donner la parole à sa muse selon la règle du Fatras. La nécessité de rimer en public sans que la réflexion dispose d’un temps suffisant aboutit chez plus d’un à des Fatras impossibles. Plus le sens était cocasse ou grotesque, plus on devait s’en amuser.

     

    La Glose

    La Glose paraît avoir été introduite en France avec Anne d’Autriche et les Espagnols. Au reste, elle ne sait jamais bien acclimatée en France, et le seul exemple qui mérite d’en être conservé est celui de la Glose composée par Jean-François Sarasin sur le Sonnet de Job.

    Comme son nom l’indique, la Glose consiste dans une paraphrase (ou glose) d’une pièce de vers. Elle peut prendre toutes les formes suivant la nature de la pièce à laquelle elle s’adapte; chacun des vers de cette pièce doit servir de dernier vers à chaque strophe de la Glose.

    Il en résulte que la Glose prend un développement énorme; elle n’est supportable que portant sur un poème restreint, par exemple un sonnet. La Glose d’un sonnet donnant quatorze strophes, on voit aisément la limite que l’on saurait franchir sans danger d’ennuyer.

    La Glose de Sarasin sur le sonnet de Job est célèbre. Il ne sera donné ici comme exemple que le premier quatrain de ce sonnet, et les quatre premières strophes de la Glose correspondante.

    Poète célèbre :

    • Jean-François Sarasin, écrivain français, XVIIe siècle.

    Exemple de poème :

    Job

    Job de mille tourments atteint
    Vous rendra sa douleur connue,
    Mais raisonnablement il craint
    Que vous n’en soyez pas émue…

    (Benserade).

    Monsieur Esprit, de l’Oratoire,
    Vous agissez en homme saint
    De couronner avec gloire
    Job de mille tourments atteint

    L’ombre de Voiture en fait bruit,
    Et s’étant enfin résolue
    De vous allez voir cette nuit,
    Vous rendra sa douleur connue.

    C’est une fâcheuse vue,
    La nuit, qu’une Ombre qui se plaint;
    Votre esprit craint cette venue,
    Et raisonnablement il craint.

    Pour l’apaiser, d’un ton fort doux,
    Dites: j’ai fait une bévue,
    Et je vous conjure à genoux
    Que vous n’en soyez pas émue…

    (Sarasin).

    Poésie philosophique

    Ce genre poétique combine poésie et philosophie. C’est-à-dire d’un côté une discipline : la poésie (créateur) qui recherche le Beau par les lettres et les mots, c’est-à-dire à une démarche esthétique. De l’autre : la philosophie (amour de la sagesse) qui recherche la vérité, à comprendre les notions de bien et de mal, la recherche du beau, du bonheur, etc…

    La poésie philosophique prend la forme :

    • De la prose ;
    • Des vers ;
    • Des aphorismes ;
    • et des citations…

    Poètes :

    • Max Brun, poète français, XXIe siècle ;
    • Arthur Rimbaud, poète français, XIXe siècle ;
    • Friedrich Nietzsche, poète et philosophe allemand, XIXe siècle.

    Exemple :

    PRIERE

    De maints hommes je connais l’esprit
    Et ne sais moi-même qui je suis !
    Mon œil m’est beaucoup trop proche –
    Ce que je vois je ne le suis
    Ni davantage ce que j’ai vu.
    J’aurais de moi plus de profit
    A plus de distance de moi-même,
    Certes moins distant que mon ennemi !
    Trop distant même le proche ami –
    Mais entre moi et lui le milieu !
    Devinez-vous ce dont je le prie ?

    NIETZSCHE, Friedrich. « Prière » est tiré de Le Gai Savoir, E. Schmeitzner, 1882.

    Gogyōka (poème de cinq lignes)

    Issue de la poésie japonaise, l’unique contrainte de ce poème est qu’il doit contenir cinq vers. Il ne doit pas comporter un nombre spécifique de syllabes dans ses vers.

    Kusakabe a établi les « cinq règles du gogyōka » en septembre 2008 comme suit :

    1 – Le gogyōka est une nouvelle forme de poème court fondé sur le waka (ancêtre du tanka) et la kodai kayō (古代歌謡?, poésie ancienne) du Japon.

    2 – Le gogyōka est généralement écrit en cinq lignes, mais de temps en temps en quatre ou six lignes.

    3 – Chaque ligne est une locution en soi et est séparée des autres par la fin de la locution ou une pause dans la respiration.

    4 – Chaque ligne n’a pas de limite sur le nombre de mots ou de syllabes, mais l’ensemble des cinq lignes a besoin d’une résonance poétique.

    5 – Le gogyōka ne connaît pas de restriction quant à son thème ou son contenu.

    Poètes :

    • Enta Kusakabe, poète japonaise, XXe siècle ;
    • Max Brun, poète français, XXIe siècle ;
    • Léon Gontran Damas, poète français, XXe siècle.

    Exemple :

    SÉRÉNADE

    Le ciel est sombre comme un pagne indigo
    Le brouillard tombe en gouttes de lait frais
    L’hyène ricane. Et le lion en rugit de rage
    C’est qu’il est doux de s’ouvrir
    A la femme au teint rouge.

    DAMAS, Léon-Gontran, « Sérénade » tiré de Poèmes nègres sur des airs africains, Gallimard, 1948.

    Sestina

    La sestina, ou sestine, est une forme de la versification italienne.

    La sestina est, au sens rigoureux, une sorte de chanson composée de six stances, dont chacune est formée de six vers, ordinairement hendécasyllabes. Les rimes reviennent dans un ordre déterminé, comme dans le rondeau. La sestina, ainsi réglée, avait beaucoup de ressemblance avec la sextine (ou sixtine) des troubadours, qui, par l’agencement sextuple des rimes dans les six couplets et leur répétition dans l’envoi, était, selon Ginguené, la plus recherchée des formes provençales.

    On appelle aussi sestine la simple strophe de six vers, qui sert dans le genre héroï-comique, dans la satire, dans l’épigramme. La Secchia rapita, de Tassoni, est écrite en sestines.

    Sextine

    La sextine est une forme poétique fixe qui repose notamment sur des effets complexes de reprise de mots. C’est une forme de poème assez complexe qui doit respecter les limites suivantes :

    • Elle s’écrit en alexandrins ;
    • Sur deux rimes ;
    • Se compose de six strophes de six vers
    • Et se finit par une demi-strophe de trois appelée « Tornada ».
    • Le premier vers de chaque strophe rime avec le troisième et le quatrième
    • Le second avec le cinquième et le sixième
    • Il n’y a pas d’autre rime que les six qu’y a mis la première strophe
    • Ces rimes doivent cependant figurer dans un autre ordre précise à savoir : de l’ordre 1 2 3 4 5 6 on passe à 6 1 5 2 4 3: la dernière rime est reprise comme première de la strophe suivante, et tout s’enchaîne selon la logique d’une spirale concentrique
    • Les six mots des rimes doivent réapparaître dans la Tornada.

    Poètes célèbres :

    • Thomas Sébillet, homme et lettre français, XVIe siècle ;
    • Francis Lalanne, auteur-compositeur-interprète, XXe siècle.

    Exemple :

    A trop vouloir me faire aimer,
    Qu’ai-je eu de ton amour ma mie ?
    Tout ton corps de se refermer
    Sur mon cœur ! Et pour te charmer,
    Nul philtre, en ton âme endormie,
    Ne peut vaincre ton anémie !

    Cette étrange et sourde anémie
    Qui nous réduit au mal d’aimer !
    Comme une princesse endormie
    Au bois de mes rêves, ma mie,
    Prince, je ne peux te charmer,
    Et tes yeux se refermer…

    Tes lèvres se refermer
    Sous l’effet de cette anémie !
    Mon baiser ne peut te charmer ;
    Ni t’éveiller au verbe aimer ;
    A mon amour, à moi, ma mie !
    Princesse toujours endormie !

    pour moi seul toujours endormie,
    Toujours prête à te refermer,
    Qui pourra te guérir, ma mie,
    Du sommeil de cette anémie
    Qui lors t’empêche de m’aimer
    Et m’interdit de te charmer ?

    Quel prince enfin pourrait charmer,
    Seul, une princesse endormie
    Et de son cœur se faire aimer
    Sans une aide pour refermer
    Le livre de cette anémie ?
    Qui pourrait te guérir ? ma mie !

    Quel prince pourrait seul, ma mie !
    Sans l’aide des fées, te charmer ?
    Triompher de cette anémie
    Qui te tiens toujours endormie ?
    Mon cœur ne peut se refermer ;
    Mais un cœur peut-il désaimer ?

    Tornada

    Sans ton amour comment aimer, ma mie ?
    Quand un cœur veut se refermer, qui peut
    Charmer l’être endormi par l « anémie ?

    Francis Lalanne

    Virelai

    Le virelai est un poème à forme fixe, avec un nombre variable de strophes à deux rimes. L’un de ses vers sert de refrain et réapparaît à la fin de chaque strophe ou parfois selon une ordonnance plus complexe. Les mètres d’un virelai peuvent être identiques ou variés.

    Il s’agit d’un genre poétique populaire surtout au moyen-âge.

    Poètes célèbres :

    • Guillaume de Machaud, poète français, XIVe siècle ;
    • Christine de Pisan, philosophe et poètesse, XIVe siècle.

    Exemple :

    QUANT JE SUIS MIS AU RETOUR

    Quant je suis mis au retour de voir ma Dame,
    Il n’est peine ne douleur que j’aie, par m’ame.
    Dieus! c’est drois que je l’aim, sans blame de loial amour

    Sa biauté, sa grant doucour d’amoureuse flame,
    Par souvenir, nuit et jour m’espient et enflamme
    Dieus! c’est drois que je l’aim, sans blame de loial amour

    Et quant sa haute valour mon fin cuer entame,
    Servir la weil sans fotour penser ne diffame.
    Dieus! c’est drois que je l’aim, sans blame de loial amour

    DE MACHAUT, Guillaume, « Quant je suis mis au retour » tiré de Le chant, XIVe siècle.

    Villanelle

    Ce genre poétique consiste en une petite poésie pastorale à forme fixe. C’est un petit poème divisé en couplets qui finissent par le même refrain. Même si la forme a évolué dans le temps, la forme la plus célèbre est la suivante :

    • Couplets de huit vers (des strophes)
    • Le dernier ou les deux derniers vers des couplets (strophes) sont répété à chaque fin de couplet (strophe) en guise de refrain.

    Poètes célèbres :

    • Jacques Grévin, médecin, homme de théâtre et poète français, XVIe siècle ;
    • Joachim Du Bellay, poète français, XVIe siècle ;
    • Philippe Desportes, poète baroque français, XVIe siècle.

    Exemple :

    J’AI PERDU MA TOURTERELLE

    J’ai perdu ma tourterelle ;
    Est-ce point elle que j’oy ?
    Je veux aller après elle.
    Tu regrettes ta femelle ;
    Hélas! aussi fais-je, moi,
    J’ai perdu ma tourterelle.
    Si ton amour est fidèle,
    Aussi est ferme ma foi :
    Je veux aller après elle.
    Mort que tant de fois j’appelle,
    Prends ce qui se donne à toi !
    J’ai perdu ma tourterelle,
    Je veux aller après elle.

    PASSERAT, Jean, « J’ai perdu ma Tourterelle » tiré de Tourterelle envolée, 1606.

    Poésie traditionnelle orale sous forme écrite

    Il s’agit de poèmes issus de cultures principalement orales; qui n’ont été retransmises à l’écrit que tardivement.

    Poète célèbre :

    • Léon-Gontran Damas, poète français, XXe siècle ;

    Exemple :

    Monsieur monsieur je suis mariée
    Je suis mariée
    Avec Koffi
    Le Noir
    Ne m’en contez donc pas
    Je suis mariée depuis longtemps
    Et pour toujours
    Avec Koffi
    Le beau
    Avec Koffi
    Le fort
    Avec Koffi
    Le Noir.

    DAMAS, Léon-Gontran, « Parti-pris » tiré de Poèmes nègres sur des airs africains, XXe siècle.

    comment écrire un poème : exemple

    Exemple détaillé

    comment écrire un poème : exemple, étape 1

    Etape 1 pour écrire un poème : Mon inspiration

    Par-dessus les coquelicots et en regardant les flamboyant. Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs. Les rangées de palmiers en sortant de l’aéroport étaient contentes de nous voir.
    Alors que nous filions sur l’autoroute passant à côté des champs de canne à sucre qui brillait, suintait au soleil. Au loin un arbre du voyageur nous envoyait une brise. Tu mettais tes mains à l’extérieur pour laisser cette brise filer en tes droits et rejoindre les balisiers qui me rappelait mon enfance
    en Guadeloupe, c’était le nom de ma résidence

    Au carrefour un jeune avec des tresses, et la face noircie par le soleil. Nous vend de l’eau de coco t’en prend une bonne gorgée et me tend la bouteille. Arrivant dans les hauteurs d’Anse d’Arlet par-dessus les coquelicots en regardant les flamboyants. Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs. Et regardant au loin, la baie de fort de France et regardant plus près la rade des trois ilets. Et regardant au loin la montagne pelé fumé de bon matin et regardant plus près le gratte-ciel de Fort-de-France. J’essaie de ne pas penser à la Seine-St-Denis, de ne pas penser à Noisy et son ciel gris
    Je me retourne et par-dessus les coquelicots en regardant les flamboyant. Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    comment écrire un poème : exemple, étape 2

    Etape 2 pour écrire un poème : Poésie, nouvelle ou roman ?

    – Y-a-t-il une situation initiale ? Oui

    – Y-a-t-il un élément déclencheur ? Pas vraiment

    – Y-a-t-il une péripétie ? Non

    – Y-a-t-il un dénouement ? Non

    – Y-a-t-il une situation finale ? Non

    Au vue des réponses, j’en déduis que je pourrai difficilement faire autre chose qu’un poème de cette inspiration.

    comment écrire un poème : exemple, étape 3

    Etape 3 pour écrire un poème : 1 idée = 1 strophe

    Par-dessus les coquelicots et en regardant les flamboyant. Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    Les rangées de palmiers en sortant de l’aéroport étaient content de nous voir.
    Alors que nous filions sur l’autoroute passant à côté des champs de canne à sucre qui brillait, suintait au soleil.

    Au loin un arbre du voyageur nous envoyait une brise. Tu mettais tes mains à l’extérieur pour laisser cette brise filer en tes droits et rejoindre les balisiers qui me rappelait mon enfance
    en Guadeloupe, c’était le nom de ma résidence

    Au carrefour un jeune avec des tresses, et la face noircie par le soleil. Nous vend de l’eau de coco t’en prend une bonne gorgée et me tend la bouteille.

    Arrivant dans les hauteurs d’Anse d’Arlet par-dessus les coquelicots en regardant les flamboyants. Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    Et regardant au loin, la baie de fort de France et regardant plus près la rade des trois ilets. Et regardant au loin la montagne pelé fumé de bon matin et regardant plus près le gratte-ciel de Fort-de-France.

    J’essaie de ne pas penser à la Seine-St-Denis, de ne pas penser à Noisy et son ciel gris
    Je me retourne et par-dessus les coquelicots en regardant les flamboyant. Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    comment écrire un poème : exemple, étape 4

    Etape 4 pour écrire un poème – Quel type de poème ?

     Au vue du rythme que je souhaite donner au poème et de sa densité (nombre de strophe découpée), je décide d’en faire une ballade. Voici ci-dessous, la définition, les caractéristiques et un exemple d’une ballade :

    La ballade est né au moyen âge la ballade est faite pour être chantée. Elle se caractérise par :

    • 3 strophes carrées de 8 à 12 vers (nombre de vers égales aux nombres de syllabes)
    • 1 demi-strophe finale
    • Idéalement des rimes croisées de type ABAB

    Poètes :

    • Max Brun, poète français, XXIe siècle ;
    • François Villon, poète français, XVe siècle ;
    • Michel Polnareff, auteur-compositeur-interprète, XXe siècle.

    Exemple :

    UNE BALLADE POUR UNE PRINCESSE ANTILLAISE

    Je ne cesserai, Ô jamais,
    Princesse, de le répéter :
    Tu le sais, si bien ; ta beauté
    Est, à mes yeux, inégalée.
    Tu le sais, si bien ; ta beauté
    Est, à mes yeux, inviolée
    Comme un bien doux rêve, beauté
    Par lequel on est bien hanté

    Je ne cesserai, Ô jamais
    Princesse, de le répéter :
    Je suis ton fidèle soldat,
    Quand l’amour est un doux combat.
    Je suis à ton total service,
    Car l’amour est un vrai délice.
    Tel de lourdes instructions,
    Que l’on suit scrupuleusement

    Je ne cesserai, ô jamais,
    Princesse, de le répéter :
    Ouvrant le livre, le lourd livre
    De notre histoire, toujours ivre
    De cet amour que l’on se porte
    J’écrirai, ces – bien – tendres mots :
    La princesse offrit sa beauté
    Lors d’une nuit ensoleillée.

    Princesse, avec tes beaux pouvoirs ;
    Intenses, immenses savoirs,
    Protège-nous de la nuit noire,
    Accompagne-nous, donc, vers l’aube !
    Et notre tout dernier espoir.

    BRUN, Max « Une ballade pour une princesse antillaise » tiré de Mélissa, Edilivre, 2019.

    A présent que je sais que je veux en faire une ballade, je redécoupe mon inspiration pour respecter les caractéristiques en terme de strophe, c’est-à-dire que je dois arriver à 3 strophes de 8 à 12 vers et 1 strophe de 5 à 6 vers.

    Pour bien réaliser le découpage, je fais « à la ligne » avec le clavier, après chaque signe de ponctuation pour retomber sur mon nombre de vers.

    Redécoupage du poème : 

    Par-dessus les coquelicots et en regardant les flamboyant.
    Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    Les rangées de palmiers en sortant de l’aéroport étaient content de nous voir.
    Alors que nous filions sur l’autoroute passant à côté des champs de canne à sucre qui brillait,

    suintait au soleil.

    Au loin un arbre du voyageur nous envoyait une brise.

    Tu mettais tes mains à l’extérieur pour laisser cette brise filer en tes droits

    Et rejoindre les balisiers qui me rappelait mon enfance
    en Guadeloupe, c’était le nom de ma résidence
    Au carrefour un jeune avec des tresses, et la face noircie par le soleil.

    Nous vend de l’eau de coco t’en prend une bonne gorgée et me tend la bouteille.

    Arrivant dans les hauteurs d’Anse d’Arlet par-dessus les coquelicots en regardant les flamboyants.

    Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    Et regardant au loin, la baie de fort de France et regardant plus près la rade des trois ilets.

    Et regardant au loin la montagne pelé fumé de bon matin et regardant plus près le gratte-ciel de Fort-de-France.

    J’essaie de ne pas penser à la Seine-St-Denis, de ne pas penser à Noisy et son ciel gris.
    Je me retourne et par-dessus les coquelicots en regardant les flamboyant.

    Je te dis je t’aime et tu es la plus belle fleur de l’île aux fleurs.

    Comment écrire un poème : exemple, étape 5

    Etape 5 pour écrire un poème – Alexandrin, décasyllabes, octosyllabes ou… vers libres ?

     Ayant choisi la ballade, je suis contraint de faire mon poème en octosyllabe.

    Comment écrire un poème : exemple, étape 5

    Etape 6 pour écrire un poème – Travailler mon poème

    Voici le premier jet – avant relecture, correction et modification – du poème.

    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Je te dis que je t’aime ! Je te dis : c’est beau !
    Nageant dans le havre de la Belle, Grande Anse
    Le soleil s’étalant et miroitant sur l’eau
    Tu en viens timidement à faire la planche
    Comme une fleur chocolatée surfaçant l’eau
    Les allées de palmiers quittant l’aéroport
    Forme une haie comme si elles sont contentes
    Contentes de nous voir. Sur l’autoroute passant
    A côté des champs de cannes, imitant l’or
    Pour briller avec plus d’éclat ensoleillant

    Au loin, sur les hauteurs l’arbre du voyageur
    Nous envoie une douce et si joyeuse brise
    Et plus loin, tu mettais tes mains à l’extérieur
    Pour laisser filer cette joyeuse brise
    Vers les balisiers, les balisiers des hauteurs
    Qui me rappelait que quand j’étais petit
    C’était l’nom d’ma résidence ; pincement de cœur
    Au prochain carrefour, la face bien noircie
    Par le soleil. Et des tresses longues ; un jeune
    Nous vend de l’eau de coco, cinq euros le litre
    T’en bois une gorgée comme si t’avais peur
    Et je t’imite sortant ma main par la vitre

    Et arrivant dans les hauteurs de Grande Anse
    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Je te dis que je t’aime ! Je te dis : c’est beau !
    Et regardant au loin la baie de fort de France
    Et regardant plus près La rade des trois Ilets ;
    Et regardant au loin La montagne pelée fumer
    De bon matin ! Et regardant de bien plus près
    Le fameux gratte-ciel de Fort-de-France. J’essaie
    De ne pas penser à la Seine-St-Denis
    De ne pas penser à Noisy et son ciel gris
    De ne penser qu’aux vacances, aux fleurs, à l’île

    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Je te dis que je t’aime ! Je te dis : c’est beau !
    Oui ! Par-dessus les hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Je te dis que je t’aime ! Je te dis : c’est beau !

    Comment écrire un poème : exemple, étape 7

    Etape 7 pour écrire un poème – Relecture et modifications

    A – Maintenant que j’ai la forme définitive de mon poème, je dois vérifier qu’il respecte toutes les règles de la Grande Ballade. Je commence ainsi par vérifier :

    • Le nombre de strophe : il doit y en avoir 3 et une demi strophe ;
    • Le nombre de vers par strophes : il doit y en avoir 12 par strophe ;
    • Et enfin, si les rimes sont respectées.

    Astuces : 

    • Pour le nombre de vers par strophe, je peux : compter à la main, ou utiliser un bloc note numérique : le numéro des lignes étant noté et chaque vers correspondant à une ligne, pour chacune de mes strophes ; je dois retomber sur la ligne 12.
    • Pour les rimes, vous pouvez copier/coller votre texte sur une page vide et garder uniquement les lignes qui sont censées rimer ; l’une après l’autre sans vers intermédiaires avec une autre rime ; vous verrez tout de suite si vos rimes sont respectées. Vous le faites pour tous les types de rimes que sont censés comprendre votre poème. Ceci est valable, uniquement pour un poème écrit sur ordinateur.
    • Pour les strophes, vous pouvez à chaque début de strophe écrire un numéro : 1 pour la première strophe, 2 pour la seconde et ainsi de suite. A la fin, il ne vous suffira que de lire le numéro au-dessus de la dernière strophe pour savoir si vous avez respecté le nombre de strophe à écrire pour le poème que vous avez choisi. Cette astuce est à privilégier pour les poèmes longs.

    B – Je me suis assuré qu’il y avait bien le bon nombre de strophe, de vers et que les rimes étaient justes. Je dois maintenant :

    • M’assurer que le nombre de syllabe soit respecté, à savoir 12 (Alexandrins) ;
    • Quand il s’agit d’Alexandrin comme c’est le cas dans mon exemple, je vérifie que l’hémistiche est le plus souvent que possible respecté. C’est-à-dire que la pause dans la lecture est bien effectuée à la sixième syllabe.

    Astuces :

    • Il existe de nombreux logiciels sur internet qui permettent de compter le nombre de syllabes dans un vers. Utilisez-les, vous gagnerez du temps.

    Voici le deuxième jet de la version finale de mon poème :

    PAR-DESSUS LES BEAUX HIBISCUS, COQUELICOTS

    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Tu me dis que tu m’aimes ! Tu me dis : c’est beau !
    Nageant dans le havre de la Belle, Grande Anse
    Le soleil s’étalant et miroitant sur l’eau
    Tu en viens timidement à faire la planche
    Comme une fleur chocolatée surfaçant l’eau
    Les allées de palmiers quittant l’aéroport
    Forment une haie comme si elles sont contentes
    De nous voir. Alors sur l’autoroute passant
    A côté des champs de cannes, imitant l’or
    Pour briller avec plus d’éclat ensoleillant

    Au loin, sur les hauteurs l’arbre du voyageur
    Nous envoie une douce et si joyeuse brise
    Et plus loin, tu mets tes mains à l’extérieur
    Pour laisser filer cette si joyeuse brise
    Vers les balisiers, les balisiers des hauteurs
    Qui alors m’rappellent que quand j’étais petit
    C’était le nom d’ma résidence ; haut le cœur
    Au prochain carrefour, la face bien noircie
    Par le soleil. Et des tresses longues ; un jeune
    Nous vend de l’eau de coco, cinq euros le litre
    T’en bois une gorgée comme si t’avais peur
    Et je t’imite sortant ma main par la vitre

    Et arrivant dans les hauteurs de la Grande Anse
    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Tu me dis que tu m’aimes ! Tu me dis : c’est beau !
    Et regardant au loin la baie de fort de France
    Et regardant plus près L’anse des trois Ilets ;
    Et regardant au loin la montagne pelée
    De bon matin ! Et regardant de bien plus près
    Le seul gratte-ciel de Fort-de-France. J’essaie
    De ne pas penser à la Seine-St-Denis
    De ne pas penser à Noisy et son ciel gris
    De ne penser qu’aux vacances, aux fleurs, à l’île

    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Tu me dis que tu m’aimes ! Tu me dis : c’est beau !
    Oui ! Par-dessus les hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Je te dis que je t’aime ! Je te dis : c’est beau !

    Etape 8 – Relecture et correction

    Je vérifie les fautes :

    – d’orthographe ;

    – de grammaire ;

    – de syntaxe ;

    – de sens.

    Astuces :

    • Avoir à côté de soi un dictionnaire ;
    • Un dictionnaire des synonymes ;
    • Et un correcteur orthographique.

    Voici, enfin, la version finale de mon poème :

    PAR-DESSUS LES BEAUX HIBISCUS, COQUELICOTS

    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Tu me dis que tu m’aimes ! Tu me dis : c’est beau !
    Nageant dans le havre de la Belle, Grande Anse
    Le soleil s’étalant et miroitant sur l’eau
    Tu en viens timidement à faire la planche
    Comme une fleur chocolatée surfaçant l’eau
    En allées, les palmiers quittant l’aéroport
    Forment une haie comme si, ils sont si contents
    De nous voir. Alors sur l’autoroute passant
    A côté des champs de cannes, imitant l’or
    Pour briller avec plus d’éclat ensoleillant

    Au loin, sur les hauteurs l’arbre du voyageur
    Nous envoie une douce et si joyeuse brise
    Et plus loin, tu mets tes mains à l’extérieur
    Pour laisser filer cette si joyeuse brise
    Vers les balisiers, les balisiers des hauteurs
    Qui alors m’rappellent que quand j’étais petit
    C’était le nom d’ma résidence ; haut le cœur
    Au prochain carrefour, la face bien noircie
    Par le soleil. Et des tresses longues ; un jeune
    Nous vend de l’eau de coco, cinq euros le litre
    T’en bois une gorgée comme si t’avais peur
    Et je t’imite sortant ma main par la vitre

    Et arrivant dans les hauteurs de la Grande Anse
    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Tu me dis que tu m’aimes ! Tu me dis : c’est beau !
    Et regardant au loin la baie de fort de France
    Et regardant plus près L’anse des trois Ilets ;
    Et regardant au loin la montagne pelée
    De bon matin ! Et regardant de bien plus près
    Le seul gratte-ciel de Fort-de-France. J’essaie
    De ne pas penser à la Seine-St-Denis
    De ne pas penser à Noisy et son ciel gris
    De ne penser qu’aux vacances, aux fleurs, à l’île

    Par-dessus les beaux hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Tu me dis que tu m’aimes ! Tu me dis : c’est beau !
    Oui ! Par-dessus les hibiscus, coquelicots
    En regardant rougir, jaunir les flamboyants
    Je te dis que je t’aime ! Je te dis : c’est beau !

    Max Brun
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