Le Horla de Guy de Maupassant : introduction

Découvrez la chronique rédigée par Max Antoine BRUN sur le livre Le Horla de Guy de Maupassant.

Guy de Maupassant : biographie

Henri René Albert Guy est né le 5 août 1850 à Tourville-sur-Arques (Normandie) et mort le 6 juillet 1893 à Passy (Île-de-France) était un auteur français du XIXe siècle, connu comme un maître de la nouvelle et comme un représentant de l’école naturaliste, qui dépeignait la vie et le destin humain et les forces sociales en termes désillusionnés et souvent pessimistes .

Maupassant était un protégé de Gustave Flaubert et ses histoires se caractérisent par une économie de style et des dénouements efficaces (apparemment sans effort). Beaucoup se déroulent pendant la guerre franco-prussienne des années 1870. Ces écrits décrivent, pour beaucoup d’entre eux, la futilité de la guerre. Il a écrit 300 nouvelles, six romans, trois livres de voyage et un volume de vers. Son premier récit publié, « Boule de Suif »(1880), est souvent considéré comme son chef-d’œuvre.

Il était connu pour consommer des hallucinogènes, dont il s’inspirait pour écrire ses histoires. Son travail a été étudié par des neuroscientifiques en raison de sa capacité à articuler et à analyser ses expériences de première main avec différents types de phénomènes hallucinatoires.

Le Horla : présentation

Sous la forme d’un journal, le narrateur, petit bourgeois célibataire, exprime ses pensées troublées et son angoisse. Cette angoisse se produit pendant quatre jours après avoir vu un « superbe trois mâts » brésilien et après lui avoir fait signe impulsivement, invitant ainsi, inconsciemment, l’être surnaturel à bord du bateau à hanter sa maison.

Tout autour de lui, il sent la présence d’un être qu’il nomme « Horla ». Le tourment que provoque l’Horla se manifeste d’abord physiquement : le narrateur se plaint qu’il souffre d’une « fièvre atroce » et qu’il a du mal à dormir. Il se réveille des cauchemars avec le sentiment effrayant que quelqu’un le regarde et « s’agenouille sur [sa] poitrine »

Tout au long de la nouvelle, la santé mentale du personnage principal, ou plutôt ses sentiments d’aliénation, sont remis en question alors que l’Horla domine progressivement ses pensées. Au départ, le narrateur lui-même remet en question sa santé mentale, s’exclamant « Suis-je en train de devenir fou ? » après avoir trouvé son verre d’eau vide, bien qu’il n’en ait pas bu. Il décide plus tard qu’il ne devient pas fou, puisqu’il est pleinement « conscient » de son « état » et qu’il pourrait en effet « l’analyser avec la lucidité la plus complète ». La présence de l’Horla devient de plus en plus intolérable pour le protagoniste, car elle le « regarde … le regarde … [et] le domine ».

Après avoir appris par les journaux qu’un grand nombre de Brésiliens fuyaient leurs maisons, affirmant qu ‘ »ils sont poursuivis, possédés, gouvernés comme du bétail humain par … une espèce de vampire, qui se nourrit de leur vie pendant leur sommeil … [et] boit de l’eau « , le narrateur se rend vite compte que le Horla était à bord du bateau à trois mâts brésilien qu’il avait précédemment rencontré. Il se sent tellement « perdu » et « possédé » au point qu’il est prêt à tuer l’Horla ou lui-même.

Autres oeuvres de Guy de Maupassant :

  • Boule de suif (1879) ;
  • La parure (1884) ;
  • Bel-Ami (1885) ;
  • Pierre et Jean (1887) ;
  • Tombouctou (1883) ;
  • Une vie (1883) ;
  • Le lit 29 (1884) ;
  • La Maison Tellier (1881);
  • Mademoiselle Fifi (1882).

Le Horla : avis

Tout le génie de Maupassant dans Le Horla est de laisser le lecteur dans une constante hésitation. Au final, le lecteur ne sait pas si le narrateur est fou ou s’il ne l’est pas. Maupassant amène, dans cette oeuvre, le lecteur à questionner sa propre folie. En effet, le texte est écrit comme un journal, on pénètre l’intimité du narrateur de telle sorte qu’on arrive pleinement à se mettre à sa place. On en vient donc nous aussi à suivre les interrogations du narrateur et à en questionner notre propre santé mentale. Quand devient-on fou ? A-t-on assez de distance avec nous-même pour mesurer notre folie ? En étant conscience aussi pleinement d’un état de folie, peut-on encore être considéré comme fou. A quel moment est-on fou ?

Maupassant s’est bien sûr beaucoup aidé de sa propre expérience de la folie.

Incipit de l’oeuvre : Le Horla

« Quelle journée admirable ! »

10 citations tirées du livre Le Horla de Guy de Maupassant

  • « J’aime ma maison ou j’ai grandi. » (Page 17)
  • « Certes, je me croirais fou, absolument fou, si je n’étais conscient, si je ne connaissais parfaitement mon état, si je ne le sondais en l’analysant avec une complète lucidité. » (Page 41)
  • « Peu à peu, cependant un malaise inexplicable me pénétrait. » (Page 45)
  • « Donc, les invisibles existent. » (Page 43)
  • « Je le tuerai, je l’ai vu ! » (Page 51)
  • « Et je le guettais avec tous mes organes surexcités. » (Page 51)
  • « Le tuer, comment ? puisque je ne peux l’atteindre ? » (Page 53)
  • « Rouen, hôtel Continental. C’est fait… c’est fait… mais est-il mort ? » (Page 53)
  • « La destruction prématurée ? toute l’épouvante humaine vient d’elle ! » (Page 56)
  • « Ca ne vieillit pas le coeur des femmes! »

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Max Brun