Configuration du dernier rivage, 2013, Éditions Flammarion
Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq : introduction
Découvrez la chronique rédigée par Max Antoine Brun sur le livre Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq.
Michel Houellebecq : biographie
Houellebecq est né en 1956 sur l’île française de la Réunion, fils de Lucie Ceccaldi, médecin française née en Algérie d’ascendance corse et de René Thomas, moniteur de ski et guide de haute montagne. Il a vécu en Algérie de l’âge de cinq mois jusqu’en 1961, avec sa grand-mère maternelle. Dans un long article autobiographique publié sur son site Web (aujourd’hui disparu), il déclare que ses parents « se sont désintéressés de [son] existence assez rapidement », et à l’âge de six ans, il a été envoyé en France pour vivre avec son grand-mère paternelle, un communiste, tandis que sa mère est partie vivre un style de vie hippie au Brésil avec son récent petit ami. Le nom de jeune fille de sa grand-mère était Houellebecq, qu’il prit comme nom de plume. Plus tard, il est allé au Lycée Henri Moissan, un lycée à Meaux dans le nord-est de Paris, en tant que pensionnaire. Il s’est ensuite rendu au Lycée Chaptal à Paris pour suivre des cours de préparation afin de se qualifier pour les grandes écoles. Il a commencé à fréquenter l’Institut National Agronomique Paris-Grignon en 1975. Il a commencé une revue littéraire intitulée Karamazov (du nom du dernier roman de Fyodor Dostoevsky) et a écrit de la poésie. Il a obtenu son diplôme en 1980, s’est marié et a eu un fils; puis il a divorcé et est devenu déprimé.
Son premier livre était un essai biographique sur l’écrivain d’horreur H. P. Lovecraft. Houellebecq a publié son premier roman, Extension du domaine de la lutte, en 1994. Son prochain roman, Les Particules élémentaires, publié en 1998, lui a valu une renommée internationale ainsi que la controverse. Platforme a suivi en 2001. Il a publié plusieurs livres de poésie, dont Configuration du dernier rivage en 2013.
Configuration du dernier rivage : présentation
Configuration du dernier rivage est composé de cinq parties : l’étendue grise ; week-end prolongé en zone 6 ; mémoire d’une bite ; les parages du vide et plateau.
Les deux premières parties : l’étendue grise et week-end prolongé en zone 6 sont une suite de poèmes en vers, assez courts avec une nette dimension philosophique, l’auteur y témoigne de son malaise avec la vie, de sa tristesse et de son incompréhension face à la vie ou du moins à l’absence de vie. Cette partie contient aussi quelques « textes » en prose, dans la même veine que les poèmes en vers.
Dans la troisième partie : mémoire d’une bite, une suite de 12 poèmes ; dont 5 sont en vers et 7 en vers libre ou en prose. Michel Houellebecq parle de sa frustration sexuelle face à la gent féminine. Il s’agit de tableau court de scène de la vie courante ; il regarde une fille, comment elle est vêtue, ses réactions et retransmet ses impressions, son ressentis.
Les deux dernières parties : les parages du vide et plateau sont dans la même veine que les deux premiers, à savoir des poèmes en vers, vers libre ou prose avec une nette dimension philosophique. Il faut ajouter pour ces deux derniers une dimension quasi mystique.
Autres œuvres de Michel Houellebecq :
- Extension du domaine de la lutte, 1994 ;
- Les Particules élémentaires, 1998 ;
- Lanzarote, 2000 ;
- Plateforme, 2001 ;
- La possibilité d’une île, 2005 ;
- La Carte et le Territoire, 2010 ;
- Soumission, 2015 ;
- Sérotonine, 2019.
Le poème : deuxième poème de la partie l’étendue
Disparue la croyance Qui permet d’édifier D’être et de sanctifier,
Nous habitons l’absence.
Puis la vue disparaît
Des êtres les plus proches.
Configuration du dernier rivage : avis
Michel Houellebecq aime, sans doute, écrire dans la pénombre d’une pièce de son appartement (ou de sa maison) ; les volets clos à « l’abri » du soleil.
C’est ce qui transparaît le plus, selon moi, dans ce recueil. En tant qu’ancien étudiant en philosophie, j’avoue avoir apprécié certains des poèmes du recueil ; que l’on peut clairement définir comme de la poésie philosophique. Pour cause, Michel Houellebecq fait, beaucoup, appelle à des concepts dans les poèmes de ce recueil : « l’être » ; « édifier » ; « sanctifier » ; « habiter l’absence » ; « croyance ». Terme qu’il emprunte, sans doute, à la philosophie du XXe siècle.
L’emploi de concepts aussi précis et vastes à la fois ; borne le lecteur dans ce périmètre qu’il peut étirer à sa guise.
Ce recueil est à lire, comme il a, sans doute, été écrit : dans la pénombre, volets fermés (isolé du soleil) dans une pièce de son appartement.


